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LES AMIS DE GEORGES BARBARIN

GB 55 – Les réincarnations de Dora 

(tome 1)

 

Format 12 x 18,5  - 268 pages –

 

ROMAN

Initié de bonne heure aux sciences occultes, le héros du livre a reçu, en écriture automatique, les messages d'une créature de l'au-delà qui déclarait se nommer Dora et être liée à lui depuis plusieurs incarnations. A sa demande, elle a promis de se manifester de nouveau dans la chair et de se faire reconnaître par lui à l'expiration d'un délai de quinze années. Aux environs de la date prévue, il croit effectivement la reconnaître sous les traits d'une adorable adolescente : Théodora. II l'épouse peu après et c'est pour lui le début d'une période de félicité paradisiaque. Hélas! Théodora meurt dans des circonstances troublantes et le narrateur, malgré son désespoir, se remarie avec la meilleure amie de la morte, comme celle-ci le lui avait fait promettre avant sa fin. La nouvelle épouse lui donne une fille, Dorothée, en qui Théodora semble s'être réincarnée une nouvelle fois. N'étaient certaines obscures menaces qui planent sur son bonheur, le couple serait parfaitement heureux. Jusqu'au jour où, sur le chemin de l'école, la petite Dorothée est enlevée par un mystérieux automobiliste...

L'auteur de cet ouvrage, dont le lyrisme passionné évoque Edgar Poe et Villiers de l'Isle-Adam, fait preuve d'une imagination singulière et d'une remarquable ingéniosité dans l'agencement de péripéties fantastiques qu'il excelle à rendre vraisemblables. Ses héroïnes - Théodora et Monique - constituent de bien séduisantes idéalisations de la femme. Esotérisme mis à part, il y a, dans Les réincarnations de Dora, deux  merveilleuses histoires d'amour.

EXTRAITS :

 

...conçu de l'inquiétude si je n'avais su que Théodora n'était pas une enfant. En réalité, celle qui avait parlé c'était Dora et je me proposais de réfléchir à ce propos extraordinaire. Mais déjà Théodora s'était remise à rire comme une fillette qu'elle était. Elle eut l'air de s'apercevoir seulement que nous étions tous deux dans la bibliothèque et qu'elle était seule avec moi. Ses yeux s'emplirent d'un bonheur enfantin et voyant mon visage soucieux, elle demanda

- Qu'ai-je dit tout à l'heure?

Je répondis

- Que vous n'étiez pas arrivée à l'heure juste. Je n'ai pas compris.

Elle rit

- Moi non plus!

Elle parut réfléchir.

- C'est encore, dit-elle, une réflexion de l'autre. J'ai parfois bien du mal à distinguer ce qui est de moi.

Je ne crus pas devoir encourager ce propos et je dis.

- Théodora, j'ai des choses très graves à vous apprendre.

Elle me saisit la main

- Heureuses ? N'est-ce pas ? J'ai tant besoin d'être heureuse.

- C'est vous qui en jugerez.

Je me dirigeai vers le tiroir secret où j'avais enfermé les messages de Dora et les comptes rendus de mes interrogatoires par Stéphane. J'installai Théodora sous une lampe et lui dis

- Lisez tout ceci.

Théodora leva vers moi un visage interrogateur.

- Ces pages vous concernent?

- Oui.

- Et elles me concernent ?

Je fis un signe affirmatif

- Elles sont autant pour vous que pour moi.

La curiosité de Théodora parut singulièrement piquée.

- Ce sont, dit-elle, des choses que vous avez écrites ces jours-ci ?

- Nullement. Nous sommes en 1921. Or messages et procès-verbaux datent de 1905 et 1906 Il y a donc quinze à seize ans qu'ils sont couchés sur ce papier.

Théodora me regarda avec étonnement.

- Mais 1905 est l'année de ma naissance.

Je répliquai

- Je n'ai pas voulu dire autre chose.

- Vous m'intriguez, fit Théodora.

je me contentai d'ajouter

- Lorsque vous aurez lu, vous le serez encore davantage. Songez que ces pages sont devenues la Bible de mon âme pendant quinze ans.

Théodora rejeta en arrière sa chevelure. Elle prit les cahiers et dit

- A présent, monsieur, plus un mot.

Puis, dans le silence de la nuit, elle se mit à lire.

 

Pendant que Théodora se penchait sur les feuilles jaunies par le temps, je ne savais à quoi occuper mes mains et mes pensées. Je tentai de lire, mais tous les chefs-d'oeuvre des hommes n'auraient pu me distraire de Théodora. Je la regardais par-dessus mon livre et Je la voyais de profil. Ainsi Théodora m'apparaissait encore plus séduisante. La fine arête de son nez était presque en ligne avec son front pur. Et le dessin des lèvres, juvénilement pointées, s'harmonisait avec la courbe heureuse du menton. Je n'eus pas le temps de passer aux détails du cou. Le visage de Théodora s'émut et ses mains se contractèrent. Elle releva la tête et me dit d'une voix un peu sèche

- C'est à vous qu'était destiné ce message ?

J'inclinai la tête.

- II m'est parvenu en écriture automatique, c'est à-dire par l'intermédiaire d'une médiumnité.

-  Qui l'a écrit ?.

- Matériellement, c'est moi. Mais, psychiquement, c'est une autre. D'ailleurs, ce n'est pas mon écriture habituelle. Celle-ci est un graphisme féminin.

- J'avais une vague idée de cela, dit Théodora, mais c'est la première fois que je vois de près ce phénomène.

 

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02/01/2011