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LES AMIS DE GEORGES BARBARIN

GB 51 – Le scandale du pain

Format   14 x 19   -  114  pages

 Le problème du pain est le problème vital par excellence, celui qui domine et duquel dépendent tous les autres puisqu'il intéresse la conservation de l'individu. De la santé de ce dernier découle nécessairement celle de l’homme. La question du pain est celle de toute la civilisation occidentale. Or, dans le passé, le pain a été l'aliment idéal pour les peuples. Son seul démérite fut de ne pas pouvoir, faute de récoltes suffisantes, être produit en assez grande abondance, d'où les années de famine. C'était donc une crise de quantité. Aujourd'hui, non seulement la production des céréales a cru au point de satisfaire les exigences de nombreuses populations mais encore on enregistre de tels excédents que certains pays sont angoissés par la vente de leurs récoltes céréalières. Malheureusement cette production excédentaire n'a pu être obtenue qu'au moyen d'engrais chimiques et de manœuvres industrielles qui, le voulant ou non, ont abouti à la sophistication du pain. Nous n'enregistrons donc plus une crise de quantité, comme autrefois, mais une crise de qualité; ce qui est peut-être pire, parce qu'une famine est accidentelle et temporaire tandis que l'altération du pain est constante, progressive et d'autant plus perfide que beaucoup n'en soupçonnent pas le danger. Ce danger pourtant est grand puisqu'il menace les sources même de la vie en privant l'organisme humain des éléments essentiels à son entretien et à sa conservation. Les chapitres qui suivent  montreront que le péril est même plus angoissant encore puisque les méthodes modernes de culture et de conservation du blé, comme aussi de manipulation des farines et de fabrication du pain introduisent dans le bol alimentaire des substances hautement toxiques et de nature à favoriser la dénutrition. L'action des poisons contenus dans notre aliment principal est tellement reconnue, admise, évaluée que la plupart des médecins, biologistes, hygiénistes, diététiciens, etc., proscrivent l'usage du pain moderne, dit pain blanc. Le blé est plus pauvre qu'il n'a été; ses qualités sont affaiblies. La menace qui pèse sur les consommateurs de pain est donc plus grande que jamais. Nous ne faisons d'ailleurs pas ici spécialement le procès des minotiers, meuniers, boulangers, deux fois victimes de cet état de choses, enfermés qu'ils sont dans une réglementation stupide et qui sont brimés à la fois comme professionnels et comme consommateurs. 

L'étude des objets a fini par faire oublier ou, tout au moins, mettre à l'arrière-plan l'étude des êtres. Connaître l'atome, c'est bien. Connaître le corps humain, c'est encore mieux.

Et comme le disait le Dr Alexis Carrel :

«L'énorme avance prise par les sciences des choses inanimées sur celles des êtres vivants est un des événements les plus tragiques de l'histoire de l'Humanité.»

 

EXTRAITS :

Il n'est pas un agronome intelligent et d'esprit résolument moderne qui ne se soit inspiré, peu ou prou, des enseignements du Dr PFEIFFER. Leur valeur pratique est telle que celui-ci ayant quitté l'Europe durant la guerre pour se réfugier en Amérique, les Etats-Unis lui offrirent immédiatement une chaire et mirent des champs d'expérience à sa disposition. De sorte que son influence est plus grande encore au pays des réalisations techniques que dans le vieux continent où ses adeptes étaient encore clairsemés.

Que dit le biodynamisme ? Ceci : le sol est un organisme vivant d'une complexité inouïe et qui doit être traité comme tel. Autre chose est de manipuler en laboratoire des matières inertes dont les combinaisons plus ou moins lentes peuvent être vérifiées approximativement. Autre chose est de diriger une matière organique dont la sensibilité est immense et dont on ne peut prévoir les réactions.

Ceci est vérifiable dans le corps humain dont la complexité semble croître démesurément au fur et à mesure des progrès de l'anatomie. Nos grands pères ignoraient les mystères, d'ailleurs à peine abordés, de l'endocrine et nos pères ne soupçonnaient pas les vitamines dont nous croyons savoir nous servir aujourd'hui. Nos fils feront de nouvelles découvertes dans le corps humain car il n'y a pas de limite à l'étendue et à l'organisation de la Vie. Ils s'apercevront que l'Homme n'est pas seulement organique mais fluidique, magnétique et même spirituel.

On comprend, dès lors, l'impuissance de médecins aux notions scolaires bornées lorsqu'ils introduisent leurs connaissances purement physiques dans l'étude d'un organisme aussi démesuré. Il arrive qu'ils obtiennent quelques succès et encore ceux-ci ne sont réalisés le plus souvent que dans l'apparence et le mal qu'ils font disparaître à gauche reparaît à droite, sauf quand l'organisme lui-même fait le nécessaire pour se remettre en état.

De même que la médecine entretient les maladies sous prétexte de les guérir (en recherchant au besoin l'appui de la loi pour contraindre les malades à se servir d'elle), de même les faux agronomes, sous prétexte d'obtenir davantage de la Nature, en tarissent les mamelles par leur avidité. Ce que les agriculteurs de 1900 à 1990 ont gagné par la culture intensive des terres est autant de soustrait à leurs petits enfants auxquels ils lègueront des sols épuisés.

A mesure que s'étend la motorisation le nombre des animaux de ferme diminue. Les quantités décroissantes de fumier qui restent commencent à être utilisées pour produire du gaz de ferme et leur valeur s'abaissera d'autant. La terre moderne ressemble à un malade-cobaye auquel on aurait retiré la plupart des nourritures habituelles et qu'on alimenterait au moyen de piqûres intraveineuses, d'injections hypodermiques et de lavements fortifiants. Nous doutons que le sujet ainsi traité devienne un athlète, un sujet de choix ou même un homme ordinaire. Nous doutons aussi qu'une terre alambiquée, intoxiquée, industrialisée conserve son pouvoir normal de production.

Quand on fait un pas dans la voie de l'artifice les pas suivants ne coûtent guère.

Déjà le battage mécanique s'était substitué à l'antique fléau. Puis la lieuse avait remplacé la faux que maniaient nos ancêtres...

 

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02/01/2011