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LES AMIS DE GEORGES BARBARIN
BULLETINS LES CLES 1967 Retrouvez ici quelques pages extraites des bulletins de la première association LES AMIS de Georges BARBARIN crée juste après sa mort
COURRIER LECTEURS 3 DOCTRINE DU BONHEUR ET DU KARMA A PROPOS DU COURRIER DE NOS LECTEURS LA SOLITUDE DANS LE MONDE MODERNE ORDONNANCEMENT DES CAUSES ET DES EFFETS
Dans un
flamboiement d'or, de rouille et d'incarnat, De
rose panaché, de blancheur presque blême, Voici
les somptueux, les graves chrysanthèmes, Les voici revenus
dans tout leur apparât. Les
yeux sont captivés par ces fleurs magnifiques Qui
prédisent pourtant d'hivernales rigueurs ; Par
leur âcre parfum, leur troublante senteur On se sent attiré
par leurs masques tragiques. Les
chrysanthèmes sont et lumière et beauté Leur forme ne
craint pas d'autres formes rivales, Tant il coule de
vie en leurs nerveux pétales, Tant il règne d'émoi
dans leur sein tourmenté. Est-ce l'effroi
qui tord leurs aigrettes
altières ? Leurs grands ongles crispés sont-ils doux ou haineux ? On voudrait, pour calmer ces griffons dédaigneux Caresser
de la main leur farouche crinière. Est-ce
le souvenir d'un antique séjour Qui
leur donne ces fronts, ces étranges figures ? Et
lorsque tristement pendant leurs chevelures Ils regrettent
peut-être un légendaire amour. Ont-ils de
l'Orient le sombre fatalisme ? Impassibles
et fiers, ils gardent leur secret Ils rendent a
l'automne un hommage discret Et se mêlent sans
bruit a son touchant lyrisme. Ne sont-ils pas
plutôt le symbole émouvant D'une
grande douleur, exprimée en silence ? Le geste torturé,
la muette éloquence Le
spectacle d'un corps qui souffre en rayonnant ? Aussi
j'aime ardemment le vivant chrysanthème Car il évoque en
moi de puissants souvenirs.... Caissel Barbarin
a toujours voulu son oeuvre dégagée de toute philosophie religieuse. Son but
était qu'elle apporte a tous ceux qui voudraient s'en imprégner l'aide
qu'il désirait pour tous les hommes. Il
craignait, s'il donnait à sa doctrine une apparence religieuse,
d'éloigner de lui une part de ceux qu'il aurait pût sans cela
toucher et aider. La doctrine de
"l'Ami" peut être acceptée par chacun, elle ne heurte
aucune conviction, s'accommode à peu près de toutes les
formes de religion et même de l'absence de religion. En
effet ne peut-on, si on le veut, assimiler l'Ami a la
Vie, cette vie qui anime toute chose, que l'on n'a pu encore reproduire et qui
possède en elle toutes les forces qui nous sont nécessaires ? N'est-ce pas
elle qui répare les blessures, rétablit la santé, conduit les racines vers l'humidité et le genre
de terrain
qui permettent à la plante de vivre ? Bref,
religieux ou pas, l'homme est
susceptible de trouver dans la doctrine de "la Clé" l'aide dont il a besoin pour se diriger et
s'accomplir. Toutefois, si on lit avec
attention certains livres de Barbarin, on ne peut ignorer qu'il attache une très
grande importance à la doctrine de la Réincarnation et a celle du karma, alors
qu'il ne manifeste aucune attirance particulière vis-a-vis
d'une religion quelconque. Mais avec la prudence
qui était la sienne, le souci de ne pousser aucun lecteur, il
ne s'est jamais appesanti sur ce sujet. Puisque
nous sommes "entre nous", que nos Amis ont puisé dans les ouvrages de
Barbarin assez de maturité spirituelle pour
affronter bien des choses dans ce domaine, j'ai pensé
qu'il serait bon d'approfondir le sujet. Ce
travail n'a pas d'autre but que d'éclairer Sa pensée et de nous
rapprocher de Lui. Qu'est
donc le Karma dont il a souvent parlé ? Malgré son nom de consonance étrangère
il n'est rien autre chose que la Loi des conséquences. Chaque pensée,
chaque acte portent en eux-mêmes une force qui va engendrer d'autres pensées et d'autres actes, en
un mot va avoir des conséquences. Vous savez déjà que
l'Amour engendre obligatoirement l'Amour, la pensée
du succès immanquablement le succès ; si bien que sans le savoir vous vous êtes
servi de cette loi du karma pour
transformer votre vie. Vous avez suivi le
plus court chemin vers ce changement puisque, pour améliorer
votre existences vous vous êtes transformés vous-même.
Sans doute, cette conception du karma est-elle
un peu simpliste et pourrions-nous traiter plus largement le sujet. Il
vous est peut-être arrivé de travailler très consciencieusement a promouvoir quelque chose et n'y
êtes-vous pas arrivé ; pourtant, jusqu'au jour de votre mort, la force
reste active bien que non manifestée.
Que va-t-il se produire alors ? Une force ne se transforme que si elle s'applique,
sinon elle
reste potentielle attendant une occasion de se manifester. Et
comment le pourra-t-elle si tout disparaît de vous-même ? C'est la
qu'intervient pour beaucoup de gens (de plus en plus aujourd'hui) la doctrine
de la Réincarnation. Mais avant de parler de la
Réincarnation, il nous faut continuer a réfléchir sur le karma. Notre Ami nous a enseigné que chaque homme, pour unique
qu'il soit, était lié aux autres hommes par le fait du principe qui les anime
tous et la solidarité de l'humanité est admise en général. Par conséquent,
nous sommes comptables non seulement de nos
propres actions mais de celles que nos compatriotes, nos contemporains
et tous les hommes
ont accompli pendant que nous vivions sur la terre a moins que nous nous en
soyons entièrement désolidarisés en paroles et en actes. Ainsi, a notre
karma individuel va s'ajouter un karma collectif qui nous
mêlera, bien malgré nous, à des évènements que
nous déplorons aujourd'hui mais qui sont la conséquence du passé. Tout cela est lié
à une conception vibratoire de l'Univers que
la science n'est pas Loin d'accepter. Tous
nos actes ne sont pas susceptibles de manifester leur effet pendant une
seule vie : c'est pourquoi l'âme doit reprendre un corps
pour que se résolvent les vibrations engendrées, qu'elles soient du reste bonnes
ou mauvaises. Il arrive souvent d'entendre
dire "pourquoi ceci m'arrive-t-il car je n'ai
jamais fait de mal a personne". Sans doute dans cette vie (et
encore!) il est bien difficile d'être indemne de tout
reproche car il ne faut pas oublier ce que tous nous avons
appris : nous ne sommes pas seulement comptables de nos actes, mais également
de nos pensées, celles-ci représentant une force non négligeable, nous autres
qui
avons suivi Barbarin, le savons bien. Il serait faux de croire
qu'une épreuve, un revers, un chagrin nous punissent. Dieu ne punit
pas, une telle notion d'un Dieu vengeur étant à la fois
fausse et cruelle. Le karma n'est pas punitif, il
est le moteur de notre évolution. Il nous transforme
par l'intermédiaire de l'épreuve et de la souffrance. A cela on objectera :
"puisque je ne me souviens
pas des fautes que j'ai commises, la souffrance
ne peut me transformer". Voire ! Si dans votre petite enfance une nourrice ignorante vous a
soumis à un régime inadéquat, vous en souviendrez
vous ? Pourtant la gastralgie qui en résultera vous
obligera à maîtriser votre gourmandise et a rester sobre,
n'est-il pas vrai ? Ainsi, un fait ignoré de
vous aura des conséquences tout au long de votre vie,
vous obligera à des efforts et a des renoncements, donc a des progrès. La Loi du karma semble bien
n'être pas applicable en dehors de l'idée de Réincarnation. Du
reste, presque toutes les religions supposent une
purification nécessaire avant que nous entrions dans l'absolu
de la Lumière et de la Vérité. Pour nous, la purification se fait au cours de vies
successives et non dans un lieu ou un état particuliers succédant à la mort physique. Il va de soi que toutes les religions ayant leur origine dans une tradition millénaire ne peuvent être différentes
dans leur essence. Nous
voici donc obligés d'affronter un retour dans la vie physique et de rencontrer différentes
épreuves qui se reproduiront jusqu'au moment
où nous aurons compris la leçon de la vie et où nous
nous trouverons dans l'incapacité de refaire les mêmes erreurs. Mais,
direz-vous, on n'a nulle preuve de ces vies
antérieures, alors comment notre Ami pouvait-il
en
accepter la réalité ? Nous espérons cette année
faire paraître un manuscrit resté intact dans sa petite maison
entourée par le feu et qui a pour titre "J'ai vécu
cent vies" et vous y verrez qu'aux Indes, en particulier, beaucoup d'enfants ont le souvenir de leurs vies antérieures
et qu'on a pu minutieusement vérifier ce qui était ainsi
retrouvé du passé. Les enfants sont plus
proches que les adultes de ces souvenirs et il est certain qu'en Occident
nous pourrions trouver des cas semblables. Toutefois, comme nous ne sommes pas sensibilisés a ces
questions, on
n'écoute pas en général ce que disent les enfants et
on perd ainsi bien des occasions de vérifier cette
doctrine
des vies successives. Par ailleurs certains êtres sont susceptibles
d'entrer en rapport avec les souvenirs latents laissés par les vies antérieures.
Il y a un certain nombre de livres qui relatent
ces expériences et l'intérêt qu'ils éveillent devient de plus en
plus grand. Si nous nous tournons vers le passé, nous voyons que si l'Eglise
catholique d'aujourd'hui rejette l'idée de la Réincarnation,
certains Pères de l'église
l'avaient adoptée, les Cathares l'acceptaient également. Et il y a
l'Inde qui a bâti toutes ses religions et ses
philosophies sur l'idée du karma et de la réincarnation. La science d'aujourd'hui,
après s'être voulue absolument matérialiste, se voit obligée de
remettre en question bien des choses et le psychologue éminent Carl
JUNG a écrit “Je prends
note avec respect de la profession de foi
hindoue", au sujet de la réincarnation, ce
qui veut dire que cet éminent savant, s'il ne veut ou
ne peut en affirmer l'existence, en accepte pourtant la possibilité, voire
même la probabilité. Que peut donc apporter a l'occidental la doctrine de la réincarnation ? La satisfaction de son sens de la Justice que ne lui apporte aucune religion. Que l'on pense au cas des enfants nés idiots ou infirmes, à celui des chances inégales morales, intellectuelles et matérielles au seuil de la vie, le fait que ces différences ne
soient pas dûes au hasard ou au caprice d'un Dieu impitoyable,
n'y a-t-il pas déjà de quoi apaiser
notre esprit ? Je puis dire
qu'ainsi pensait notre Ami et j'ai conscience de ne pas
le trahir, au contraire en vous en faisant part. Andrée NASCHITZ. Voilà
donc ce livre dont nous vous avions parlé qui
n'est pas, je l'espère, le dernier puisque grâce votre concours il nous sera peut-être donné d'en
publier d'autres, ceux dont les manuscrits sont restés intacts
dans la petite maison sur la colline. Mais nous tenons avec émotion celui-ci entre nos
mains parce que, à mon avis, il est le testament spirituel de notre Ami. Ici, plus de doctrine métaphysique,
mais une succession de récits qui sont autant
d'affirmations. Il n'a pas craint, pour être
convaincant, de livrer parfois le plus intime de son âme, sa
souffrance la plus atroce, celle d'avoir perdu la plus chère
partie
de sa vie. Il nous fait parcourir avec lui cette occasion une part de son calvaire pour se relever
plus sûr de lui-même et de la réalité, de la vérité
des idées qu'il a toujours défendues. Tout
au long de cet ouvrage apparaît cette certitude que l'homme n'est pas seul dans
ce monde difficile et cela, c'est le cadeau qu'il a voulu
faire ses lecteurs et a
ses amis. Sa
fille et moi avons la
certitude qu'il sentait venir l'ultime épreuve. Son
appétit de travail était immense, sa soif do laisser derrière lui la plus grande quantité possible do sa pensée était manifeste et c'est une grande joie pour moi de vous présenter
dans deux numéros successifs les deux volumes que ses éditeurs avaient
encore acceptés de sa main. Qu'est donc ce Protecteur Inconnu ? Quand
vous lirez l'ouvrage, vous retrouverez cet "Ami" que pas a pas il nous a fait découvrir. Vous
verrez comment il a été guidé pendant la première partie de sa vie et préservé
afin qu'il puisse arriver a
l'aube de sa mission. Je
sais qu'il n'aimait pas ce mot, pas plus que je ne l'aime, mais comment qualifier ces trente
années tout
entières données au service de l'homme, de l'homme malheureux, ivre de solitude, perdu de doute, se
sentant abandonné de Dieu qu'il cherchait sans cesse très
loin et qui est si près de lui. Il a affirmé que cet Ami,
tous l'avaient en eux-mêmes. Toutefois, j'ai toujours accusé
Barbarin de
modestie excessive. Certes, l'Ami est en nous tous, mais ce que nous n'avons
pas, c'est l'oreille constamment
attentive qui nous ferait le percevoir bien
plus souvent. Notre
surdité ne le décourage pas et tout au long de notre vie, il se manifeste "quand même",
espérant
toujours que nous l'entendrons et que nous le suivrons. Barbarin lui, vivait en
communication constante avec lui et si la voix amie ne l'a pas chassé hors de chez lui, c'est, j'en suis certaine,
parce que sa mort
pouvait témoigner comme l'avait fait sa vie. Andrée
NASCHITZ. de Mr BITCHEFF a St
FLORENT EN ARGONNE. .
Je fis a mon tour la
connaissance de cet étonnant personnage
de qui je suis devenu aussi maintenant le disciple.
Georges Barbarin mérite bien le nom de Magicien
qui lui a été donné puisqu'il est susceptible de
transformer toute la vie de celui qui veut bien lui
prêter quelque attention et lui faire confiance. Grâce
a Barbarin des portes nous sont ouvertes sur le monde spirituel, simplement,
dans un langage clair ; il a
actualisé les enseignements de Jésus et les a mis a la portée
de tous. Chacun peut continuer de pratiquer la religion qui
lui convient car les idées de Barbarin sont des idées universelles
mais qui produisent des effets immédiats a tous ceux qui
les appliquent : chaque graine semée en produit cent ; à chacun
de nous de semer les graines que nous désirons voir fleurir dans
notre vie. G. Barbarin nous invite a une
communion avec le monde invisible dont nous pouvons
tirer les plus grands bénéfices et il nous explique, et c'est la son grand mérite,
comment opérer cette communion. Voilà
ce que je tenais à vous dire en vous versant mon abonnement de soutien a cette revue qui mérite d'être
connue davantage et qui le sera de manière que le rayonnement du Magicien, du grand Magicien, produise son
miracle dans les coeurs douloureux, bouleversés, qui retrouveront ainsi la joie de vivre, le Bonheur, la
Sainteté et qui deviendront a leur tour des "Amis de G. Barbarin'. de Monsieur HANRIOT C. FONTOY Chers Amis, Dans
les Clés n° 4 vous invitez les lecteurs à vous faire part de leurs désirs sur les sujets susceptibles
d'être traités dans le Bulletin. Effectivement, il
est un sujet que je serais désireux de
voir traiter. Il s'agit d'un livre de Mr Barbarin, au caractère très particulier. Je veux parler de l'ouvrage
s'intitulant "Le Problème de la chair". Certes, c'est un sujet fort délicat, j'en conviens. Mais si Mr Barbarin l'a
abordé c'est assurément parce que dans son esprit, ce sujet brûlant, capable de susciter les plus violentes
controverses, répondait à une impérieuse nécessité. J'ai tenté de faire
circuler ce livre autour de moi. Mais je constate que notre époque, soi-disant
ouverte et large d'esprit, devient tendancieuse voire sectaire,
dès qu'une argumentation d'une bonne foi irréfutable
s'avise de dénoncer un conformisme trop bien établi dans les
esprits..
La Présidente
vous répond. Comme nous ne pouvons mieux
dire que Barbarin dans "le problème de la
chair", nous voulons seulement répondre à
la
lettre d'un de nos amis. Je
crois que le problème de la chair n'est pas ignoré de nos contemporains. Ce serait plutôt
le contraire. Tout ce qui est sexe, sexy, encombre les pages
des journaux,
les publicités. Chacun s'explique et
veut expliquer aux autres, et peut-être tout le monde
passe-t-il a côté
du sujet. Le point que je voudrais mettre en évidence
et qui, a mon avis, conditionne tout le
problème est celui-ci. La racine de tous nos
sentiments, de toutes nos impulsions, est spirituelle, par conséquent nous n'avons
rien à détruire en nous. Il nous faut seulement remonter a la source afin de
les épurer. L'avarice est, par exemple,
un horrible défaut, l'économie devient une qualité et la générosité est une vertu. Tout cela a la même racine. L'avare ne
doit pas songer a détruire son avarice qui
est pourtant sordide, mais passer à l'économie qui est prévoyance,
pour
atteindre à la générosité qui est divine insouciance des choses matérielles. La
sexualité, même dans son excès, reflète l'intense besoin d'unité qui repose au fond des êtres. A
travers elle, il faut rejoindre la fusion des coeurs puis celle des esprits et des âmes et enfin
atteindre la fusion de l'âme
avec Dieu. Tout cela a la même racine
et si les églises refusent la prêtrise aux eunuques c'est bien
parce qu'il leur manque la base nécessaire a leur élévation vers Dieu. Rien n'est a détruire, tout
est a transcender. C'est
le travail demandé a l'homme : s'élever progressivement a travers ses instincts et ses sentiments
vers les ultimes vertus qui sont l'expression même de
Dieu : l'Amour,
la Vérité et la Lumière. Voici un échantillon
de ce qui a été écrit à la suite de la conférence de presse. "Mardi 14 Février
a 18 H 00, dans la salle du Pavillon Flottant de la Société Nautique, la Société
des Amis de Georges Barbarin a présenté a la presse marseillaise le dernier
ouvrage du Maître disparu. Publié par les
Editions ASTRA et intitulé "Le Protecteur Inconnu", ce livre
constitue en quelque sorte le testament de Georges Barbarin et la relation en
tout cas d'une expérience fascinante. "Le
Protecteur Inconnu" totalement différent des trente sept autres ouvrages
spiritualistes de Barbarin, raconte comment -
inconsciemment d'abord puis consciemment
ensuite, l'écrivain a été protégé, dirigé et conduit sur la voie
qu'il devait suivre pendant près de quarante années. Rappelons combien fut singulière l'existence
de G. Barbarin qui, fonctionnaire préfectoral en sa
jeunesse devint Conservateur du château de Chinon pour
"monter" ensuite à Paris. C'est alors la belle époque, et
ce fort bel homme, spirituel, cultivé, doté d'une plume alerte et élégante,
ne tarda pas à collaborer aux journaux les plus lus. Commensal des principales personnalités du temps,
il eut l'honneur de voir Madame Colette patronner son roman humoristique
"de la Rose à l'Artichaut". Esprit curieux, avide de tout
connaître, G. Barbarin s'intéresse à la "T.S.F."
naissante, et il fut l'un des premiers "parleurs" dont les parisiens
entendirent la voix. En 1934, revirement
soudain ; Barbarin plonge en lui-même et découvre
une force qu'il ne soupçonnait pas et qu'il s'efforcera désormais de définir.
Peut-être a-t-il goûté sur ses lèvres
le goût des cendres qu'y déposait une existence assez futile ? Dès
lors le boulevardier disparaît, pour faire place
à un Sage dont la vivacité, les impatiences et le sens inné de l'humour
seront domestiqués et finalement
mis
à
profit pour la divulgation de son message. Alors
que tant d'autres s'emprisonnèrent dans les Écritures (auxquelles soit dit en
passant, l'on fait proclamer à peu près tout ce que l'on veut)
Barbarin ne s'oppose ni à la science,
ni à la raison, sans heurter pour autant les
convictions religieuses de ses
lecteurs et bientôt de ses disciples. S'il s'éloigne
des vanités de la ville, il ne s'écarte
pas pour autant, du monde et ne substitue pas un Mage farouche. à
l'indulgent courriériste de Paris. C'est là,
semble-t-il, l'originalité de la démarche Barbarine. "La
Clé" (qui connut les gros tirages et continue d'être
régulièrement réédité) ouvrit sa seconde carrière et
"Le Protecteur Inconnu"
(sans la clore tout à fait puisque plusieurs inédits demeurent), en semble l'aboutissement mais
deux ouvrages - entre autres - constituèrent des succès "Le
Secret de la grande pyramide" Et
surtout
"le Livre de la Mort Douce" traduit en six langues. Napoléon
qui disait "quand on veut fortement, constamment,
on réussit toujours !" faisait du barbarinisme sans le
savoir, car la Doctrine du Maître, très simple, affirme
que l'homme possède en lui une force qu'extériorise sa pensée. Les
circonstances singulières de la mort de l'écrivain et de son épouse vous
sont connues, puisque l'incendie
des Maures d'Août 65 les asphyxia sans que le feu n'offense leurs dépouilles, le fléau épargnant intégralement
deux de trois villas contiguës : celle qu'ils habitaient, celle appartenant à
des amis chers, la troisième étant
totalement anéantie et les deux constructions intactes se dressant au milieu des cendres d'une région
rigoureusement dévastée. Or Barbarin avait
dit à ses amis : «moi présent, jamais nos maisons brûleront". La mémoire du Sage et son
oeuvre sont défendues et divulguées par la Société des Amis de G. Barbarin que
préside notre amie Andrée Naschitz. Cette
association édite un bulletin périodique et donne à Marseille des cours
gratuits. Ajoutons que M. Georges ROUX (promoteur immobilier fort en vue à Toulon et en Azurie) qui fut l'ami et, à
plusieurs reprises l'Éditeur du disparu, assistait à la conférence de presse
en compagnie de sa charmante épouse. Le
rôle de Jésus - Christ. Lors d'un exposé précédent et nous référant à
des citations
de G. Barbarin, nous avons cru bon de lever quelque peu le voile sur ce que sera
l'Ere du Verseau dans laquelle nous entrons progressivement. Or, après ce
petit bilan, ne serait-il pas bon de faire aussi le point de notre position spirituelle, eu égard a la rapide
accentuation du progrès matériel de ces dernières
années ? En
écrivant en 1954 "Dieu
est-il tout puissant" puis
"la Réhabilitation de Dieu", Barbarin avait pris conscience du malaise religieux ressenti par
l'humanité, "de l'incohérence apparente de l'administration divine dans certains domaines évidents". Il ne
s'est attaqué à
aucune doctrine, aucune croyance mais constatait que l'Eglise
qui se disait seule détentrice de la Vérité, n'avait
pas évolué comme elle se devait de le faire. Lisons plutôt ce qu'il écrivait a ce sujet. "La vieille bastille
catholique romaine résiste éperdument a
l'assaut conjugué des nouvelles forces vitales. Elle semble encore momentanément
imprenable mais la hauteur de ses
murailles fait illusion. Comme
l'autre, elle cèdera d'un seul coup, faute d'avoir compris
l'urgence de concessions opportunes et la nécessité pressante d'une adaptation
aux temps nouveaux..." C'est
pour cette raison que Barbarin s'est attaché a faire d'un Dieu mythologique un
Dieu réel a qui tout être peut s'adresser, en un mot il en a fait l'Ami intime, de chacun. En réhabilitant Dieu il ne
pouvait faire autrement que d'expliquer le mythe de Jésus-Christ
pour le rendre plus compréhensible. En effet, si
Dieu est éternel, le Christ est apparu, lui, il n'y a que 2000 ans au début de l'Ére des Poissons. Il nous est donc
permis de nous demander a la suite de Barbarin,
pourquoi l'influence de ce personnage se fait encore autant sentir, sinon plus qu'il y a deux millénaires.
Voyons comment notre ami a campé
cette figure
du Christ. "Avec Jésus un dieu nouveau est né, dieu
personnel mais
bon, dieu supérieur a la mesure des premiers évangélistes et dont la divinité
personnelle est attestée par un rite et des sacrifices non sanglants. Mais en même
temps et avec lui, un dieu impersonnel s'est incarné, le Christ, qui est un des
plus grands dieux du monde, sorte de raison sociale, avons-nous dit
d'autre part, qui englobe non seulement Jésus mais tous les confesseurs martyrs, saints, êtres bons
et purs qui l'ont suivi. C'est cette impersonnalité du Christ qui le met au
rang des Puissances les
plus hautes, bien loin au-dessus des mesquins et étroits
interprétateurs de Sa Loi d'Amour". Que pouvons-nous en déduire a notre tour ? Nous
cernerons le plus possible ce problème afin de ne pas le voir dépasser le cadre
qui, lui est imparti. Le premier
point sur lequel il faut insister
est celui
de la
dualité nominale : Jésus - Christ. Il y a là en effet deux notions distinctes, celle de Jésus,
l'homme et celle du Christ, la
force divine incarnée. D'abord, l'homme. Nous
sortirons du silence des écritures et dirons qu'après une naissance
dans une famille pure lui donnant un corps sain, Jésus va
voyager afin de s'initier a toutes les croyances
existantes. C'est ainsi qu'on retrouve sa trace dans les
monastères du Thibet et certainement même a-t-il été en contact avec les
druides gaulois dont il a gardé la méthode d'enseignement oral et allégorique.
C'est donc a une préparation a laquelle Jésus s'est livré pour devenir un Initié qui, conscient de la mission qui
l'attend, sera pénétré lors du baptême du Jourdain par
la force divine, par le Christ. Cette force divine allait lui permettre, grâce
a sa préparation, d'accomplir ce
pourquoi il était venu en
ce début d'Ere des Poissons. Sa mission fût d'éveiller les âmes à la. Fraternité et,
par son exemple, vivre personnellement la Loi
d'Amour jusqu'au
sacrifice. Il
est souvent objecté que Jésus a douté de lui-même lorsque sur la croix il prononça ces paroles
: "Père, pourquoi m'avez-vous abandonné" ? Ce n'est pas un doute que
Jésus a émis, mais bien La constatation que le Christ, la force divine, venait
de le quitter de la même façon
qu'elle s'était incorporée à lui. Si
l'Eglise a accaparé le personnage de Jésus-Christ,
on constate a l'heure actuelle que de nombreux mouvements
ont dissocié cette dualité et ne conservent que le Christ en laissant de côté
Jésus. Nous ne croyons pas que ce soit un bien, car outrepassant le mythe du
"Dieu fait Homme", nous devons honorer a la fois et l'homme et la
force divine. Pouvons nous concevoir que le
Christ aurait pu s'incarner sans la naissance de Jésus
ou que ce dernier fut plus que vous ou moi ne sommes sans avoir été pénétré
par le Christ ? Non, et c'est là que nous apparaît la mission même du
Christ. Son
enseignement fut l'antithèse de la loi du Talion. Il est venu
pour amener les hommes a la Fraternité, à
ce sentiment de similitude qui permet de penser
que les joies et les
peines de l'un peuvent bien être celles de l'autre le lendemain. C'est ce dont
nous nous apercevons actuellement. Il est visible que ce sentiment de Fraternité
se dessine avec plus d'acuité dans l'humanité d'aujourd'hui après bien des
luttes. Les
graines semées il y a 2000 ans commencent a germer. Pourtant dirons-nous, nous sommes encore loin de l'Amour dont la Fraternité n'est qu'un
prémisse. C'est parce que la Loi d'Amour
verra son
apogée au cours de l'Ere du Verseau. Les
moments critiques et troublés que nous
vivons sont les signes avant-coureurs d'une transformation. Cette période laisse croire que l'humanité est
à un des tournants de son existence. Certains attendent même une nouvelle
incarnation du Christ, se basant sur le fait
que c'est au cours de graves dangers que Dieu permet à une
partie de sa force de s'incarner. Mais si le Christ
revenait parmi nous, combien le reconnaîtraient
? Il semble que les hommes ne soient pas
prêts a accueillir la Vérité de la bouche d'un seul être,
fut-il même divin. C'est pourquoi nous pensons que la
période actuelle n'est pas propice à une incarnation divine dans un seul homme
qui serait de nouveau l'objet de la risée populaire ou d'accaparement
religieux. Il semble plus probable
que cette
force divine est captée par un petit nombre
d'êtres, parmi lesquels nous plaçons Barbarin et qui sont susceptibles de
recevoir une petite part de la Vérité
et de la répandre autour d'eux, de la mettre à la portée des hommes
dans l'époque où ils se trouvent et avec
la mentalité
qu'ils ont. Ceci nous conduit tout
naturellement a une analyse sommaire du "Christianisme de demain"
comme le fit Barbarin.
"Cette
rénovation fera table rase des broussailles liturgiques et de tout
un dogme exténué. L'Evangile d'Amour
sera prêché par l'exemple. L'enseignement du Christ
n'est pas à commenter mais à vivre dans la vie de tous les jours. La
révolution chrétienne entraînera dans
son flot tout l'arsenal de dulie et latrie et même toute
la christologie avec ses interprétations de Jésus. Par suite disparaîtront les notions de Dieu
omnipotent, colère et vengeur. A la
Déité autoritaire succèdera la Déité libérale que
la limitation de sa puissance rend apte à tout comprendre et donc à tout
excuser...." Nous trouvons là en point de mire le but qui nous
est assigné : faire la jonction entre la Fraternité et l'Amour.
L'oeuvre du Christ doit se répercuter a notre échelon. Il s'agit en
fait de transformer l'ambiance qui nous
entoure, de créer de nouvelles vibrations capables d'engendrer des conditions
favorables a la transformation des
doctrines spirituelles existantes. Rien
ne sert de se heurter aux religions, aux dogmes, mais il faut les dépasser
comme l'a fait Barbarin pour nous
permettre d'aider les autres à franchir ce pas. La
parole n'est rien si l'acte ne suit pas et pour agir il n'y a que l'exemple. Semons les graines de l'Amour afin que la
moisson soit bonne et que Dieu soit content de ses ouvriers. L.
ROYERE La
Doctrine du Bonheur et le Karma Certains
d'entre vous m'ont écrit à la suite de mon article
sur la Réincarnation leur plaisir de voir préciser ainsi la pensée de Barbarin sur ce sujet qui semble tenir à
coeur de plusieurs de nos abonnés. L'un d'entre eux me dit même
avoir cherché dans les livres de notre Ami quelle était véritablement
sa position dans ce domaine. Je dois faire remarquer que
Barbarin était convaincu de
posséder une vérité susceptible d'apporter aux hommes le bonheur auquel ils peuvent accéder au cours de leur vie terrestre. Pour toucher le plus grand nombre, il lui a semblé utile d'éviter tout ce qui pouvait heurter ses
lecteurs dans leurs convictions religieuses et philosophiques et voila pourquoi
vous trouvez dans ses ouvrages quelques allusions a la Réincarnation et au
Karma, mais pas de prise de position absolue. Du reste, le plus grand psychologue
européen : Carl JUNG a
laissé lui aussi dans l'ombre ses convictions a ce sujet et elles n'ont été
divulguées qu'après sa mort dans la "Revue Planète" entre autres.
C'est parce que je pense que Barbarin aurait voulu qu'il en fut ainsi pour lui que j'ai écrit cet
article. Je
m'occupe de ces questions depuis des années et l'amitié qui m'unissait a
Barbarin reposait sur une quasi identité de
nos convictions. Vous pourrez donc m'écrire quand vous le désirerez si
vous voulez obtenir des éclaircissements sur certains points. La
question suivante m'a été posée à la fin d'un cours
fait dernièrement : "Comment peut-on concilier la
pensée de Barbarin avec la doctrine du Karma, elle-même liée a la Réincarnation
et que beaucoup d'entre vous connaissent ?" Disons d'abord en quelques mots ce
qu'est le Karma afin d'éclaircir le sujet. Chaque acte, chaque pensée bons ou mauvais, ont des
conséquences bonnes ou mauvaises qu'il nous
faut un jour ou l'autre affronter. Si
nous pensons comme trop de gens que le
Karma est inéluctablement punitif, que Dieu
se venge des erreurs des hommes en leur envoyant des chagrins et des épreuves qu'ils ne peuvent éluder, alors il est
vrai que la doctrine de Barbarin peut être remise en question. Mais
il n'en est pas du tout ainsi. La bonté de Dieu,
son amour excluent l'idée de vengeance et c'est celle de
transformation qu'il nous faut envisager. La Loi d'évolution exige que les erreurs que nous commettons
soient redressées et que nous soyons mis dans l'impossibilité d'y
retomber. Comme nous avons généralement la tête trop dure pour qu'il en soit
autrement, notre transformation se trouve
assurée par la rencontre douloureuse
avec les conséquences de nos actes et de nos pensées erronnés. Mais si grâce à une doctrine qui
bouleverse de fond en
comble notre façon de penser et de vivre nous faisons de nous même, par notre
volonté propre, la transformation
nécessaire, notre karma n'a plus à jouer et
nous avons rééquilibré notre destin. Voilà pourquoi la doctrine de notre
Ami peut être appelée
la "Doctrine du Bonheur". Grâce à elle nous suivons la voie que Dieu
a tracée aux hommes. Nous nous libérons peu a peu des astreintes du karma, en
un mot nous devenons des hommes
libres de leur destin. Le
sujet bien entendu a été traité très succintement et
je suis prête si certains d'entre vous le demandent de reprendre La question
du Karma et de la réincarnation. Andrée NASCHITZ Nous avons essayé dans le
précédent numéro, comme vous le voyez faire à Barbarin dans "Dieu
mon copain" qui ramène le personnage divin à la portée de
tout être quel. qu'il soit, de rendre
celui du Christ plus compréhensible en dissociant la dualité de
cette Entité. Bien qu'aucune réaction
de votre part ne soit venue nous dire si ce sujet vous avait plu ou déplu, certains
d'entre vous sont peut-être restés sur leur faim.
En effet si le Christ cosmique, la force divine incarnée, a rejoint le
Cosmos, sa patrie d'origine, qu'est devenu
l'homme Jésus, le Maître Jésus comme certains l'appellent, puisqu'il
est ressuscité ? Voilà une question à
laquelle nous allons nous efforcer de répondre brièvement car elle mérite
malgré tout une certaine attention. Nous avions comblé
partiellement le trou laissé par les écritures en
acceptant comme réel le fait que pendant sa jeunesse Jésus avait beaucoup
voyagé et reçu de nombreuses initiations qui lui
permirent d'acquérir certains pouvoirs dont il usa pendant sa vie. Mais où reçut-il
ces initiations ? Peut-être son passage aux
Indes vous fait penser à quelque chose, si nous n'oublions pas que ce pays est le berceau de toutes les
religions. Nous croyons donc que Jésus a été
en contact avec les Maîtres
qui dirigent l'humanité, avec ces Entités que seuls
ceux qui ont un grand rôle à
jouer peuvent entrer en contact, et qu'il avait reçu la mission de servir
de support au Christ cosmique. Je pense que le mot d'Agartha
doit vous être familier car il désigne le Centre
spirituel de notre planète où se trouvent les Maîtres
qui nous dirigent et dont nous dépendons en tant que Terriens. Pourquoi ces Entités ne
sont-elles pas visibles à tous dans leur retraite actuelle ? Il est bien évident
que leur valeur spirituelle est immense, comparée à la nôtre.
Ces êtres, qui ne sont autres que des anciens humains
ayant longtemps vécu sur la terre, se sont arrachés à
une forme de manifestation matérielle dans le but
de vivre uniquement dans leur corps astral, leur
permettant toutefois de vivre sur la terre, de s'exprimer
dans notre langage, de se manifester sous une forme
durable en tant qu'entité matérielle, (et non d'un fantôme)
là
où cela est nécessaire et au moment choisi. Jésus
n'appartenait pas encore à ce Centre, mais il
a été attiré vers lui afin de se voir confier la mission
de servir de support à l'incarnation du Christ cosmique
sur la Terre afin que l'homme puisse trouver une possibilité de libération qui n'existait
pas avant. Au lieu que l'âme humaine soit condamnée à un retour perpétuel
dans la matière, elle trouva, grâce au Christ, la possibilité de se libérer,
de s'arracher à ces retours cycliques terrestres, à vivre dans
l'Invisible et
continuer son travail spirituel. Il ne vous échappera que
la "résurrection de Jésus, ou tout au moins la
disparition de son corps matériel, tout en donnant la preuve
flagrante de la survie de l'âme après la mort, n'est pas un phénomène
unique en son genre. Il y a d'autres corps de
"Sages" que l'on 'n'a
pas retrouvé, ne serait-ce que celui d'Appolonius de Tyane qui disparut un
beau jour et dont on n'a jamais retrouvé la trace. Puisque nous faisons ce
rapprochement, nous dirons aussi que, comme Jésus, Appolonius a connu l'Agartha
pendant sa vie et que les Maîtres lui avaient confié, à lui aussi, une
mission qui nous le fait considérer comme un précurseur du Christ. Cette
mission, qui fut longtemps éclipsée par celle du Christ, était de par sa
forme différente de celle de Jésus mais non inférieure.
Alors, de là à
dire que le Bouddha, Pythagore et certains des premiers
martyrs chrétiens aient appartenu à ce centre spirituel et y sont revenus après leur mort
physique pour
poursuivre leur enseignement, il n'y a pas loin. Vous
pourrez me demander ce que font ces êtres dans ce Centre. Cela s'explique,
comme s'explique la venue d'un Bouddha ou d'un Jésus à des époques bien déterminées.
Ces êtres participent de l'humanité en lui apportant une grande
part de sagesse, en lui ouvrant de nouveaux horizons telle la libération de l'âme
d'un cycle de réincarnations successives. L'Agartha est un centre de pensée,
mais aussi de forces car ces Maîtres qui veillent sur notre destinée et qui relèvent
directement du divin, émettent une force
qui permet à l'humanité de suivre
son chemin sans trop de catastrophes. Que ferions-nous si nous n'avions pas de
tels guides, livrés
à nous-mêmes
? Pourtant, ces êtres ne
restent pas indéfiniment à l'Agartha. Ils y demeurent un temps, préparant
d'autres évolutions à l'humanité, puis s'en vont ne conservant ainsi que leur
corps spirituel pour aider d'autres planètes et, pourquoi pas, d'autres systèmes
solaires. Ce que j'ai voulu essayer de
faire dans ce propos, c'est de montrer que le Maître Jésus était
toujours vivant
et participe encore activement à notre vie quotidienne.
Il va sans dire que l'enseignement donné il y a 2000 ans aurait
perdu sa force, si le sacrifice consenti
par l'homme Jésus ne lui avait pas permis de conquérir la possibilité d'échapper
à la contrainte de naître et mourir de nouveau. Ainsi il continue
à aider les hommes sans que ceux-ci en
soient bien souvent conscients, et c'est pourquoi j'ai dit précédemment qu'il n'était pas bon de dissocier dans la prière
Jésus du Christ car il relève de Dieu et nous permet de l'aborder plus facilement. C'est un des Maîtres
que nous connaissons le plus et sur l'enseignement duquel s'est fondée une religion, comme le Bouddhisme dérive
du Bouddha. Ces
religions sont identiques, fraternelles même puisqu'elles se basent sur des Maîtres
qui, dans un certain endroit, se voient, se parlent et se donnent la
main comme nous devrions tous le faire... L. ROYERE Mon petit entretien sur le
karma a suscité bien des réactions et, de plusieurs côtés, la
demande de m'étendre sur le sujet. Certains d'entre vous
s'insurgent contre mon affirmation suivant laquelle le
karma n'est pas punitif mais transformateur. Beaucoup d'entre vous semblent
tenir à cette
image d'un Dieu occupé à régler ses comptes avec les hommes. L'idée exprimée ainsi vous
choque, bien entendu, mais si vous allez au fond des choses, c'est
bien d'un règlement de comptes qu'il s'agit : "ayant donné une gifle à Paul, il faudra bien un jour que Paul te
donne une gifle". On pourrait presque qualifier
d'enfantine une telle conception. Il s'agit seulement de constater "qu'en
retour de la gifle que tu as donnée, tu dois en recevoir une". On pourrait
presque conclure "çà t'apprendra". La constatation est
simpliste. Elle favorise notre paresse et nous permet dans le présent d'avoir
bonne conscience. Le raisonnement à tenir est celui-ci
: "J'ai battu Paul, on, ne peut dire que ce
soit un acte à glorifier,
mais pourquoi ais-je battu Paul ?" De la réponse va sortir une cascade de conséquences.
Tout d'abord "j'ai agi avec violence. La violence
est-elle quelque chose de louable ? Non, n'est-ce pas ?
Le contraire de la violence, c'est la maîtrise ;
donc, pour éviter le retour d'un semblable geste, je dois
conquérir cette maîtrise". Si cela s'arrêtait là,
tout serait simple, mais nous ne faisons que commencer. Pour se mettre en colère
au point de lever la main sur son prochain, il faut un motif.
Là, je ne puis guère continuer l'examen du cas, les
motifs sont nombreux. Bien sûr, vous me direz sans doute
"Paul n'a pas volé
sa gifle".
En apparence, il en est peut-être ainsi,
mais n'oublions pas que le comportement d'autrui n'est pas ce qui finalement
nous intéresse. Ce qui nous intéresse, c'est le nôtre
et les
conséquences qu'il peut receler pour nous-mêmes. Il est bien
possible que nous supportions non seulement
les conséquences de la colère elle-même, mais celles des causes plus profondes qui l'ont provoquée, jusqu'au
jour où, par la rencontre d'épreuves appropriées nous
aurons conquis la maîtrise sur nous-mêmes et liquidé
le défaut qui a suscité la colère, orgueil ou peur en général. Un de nos lecteurs me parle à
nouveau de la mort de Barbarin comme d'un karma très lourd. La
Mort fait-elle partie du karma, voilà encore un sujet à élucider. La Vie, puisqu'on ne peut
parler de la mort sans parler de la vie, est une manifestation de la
vie divine. Toute manifestation étant un effet, et non une
cause, est périssable. Votre vie anime la matière,
celle-ci a un cycle qu'elle ne peut dépasser. Le corps,
comme un moteur, s'use, se dégrade un peu plus tôt, un peu plus tard, puis après
une sorte de désagrégation, disparaît. C'est la Loi, nul n'y échappe. Pour
les uns, c'est le coeur qui refuse de continuer
à jouer son rôle, pour les autres c'est le système
digestif qui est défaillant, pour d'autres les os se désagrègent
et refusent de supporter normalement le poids qu'ils ont supporté jusqu'ici.
Si le coeur défaille, c'est aux sources qu'est
frappée la mécanique, si c'est le système digestif c'est l'alimentation du moteur qui se fait mal et si ce
sont les os c'est la carrosserie qui a été souvent cabossée et qui n'en peut plus. S'il s'agit
d'organes des sens, c'est un retrait de la vie vers l'intérieur. Les
fenêtres sur le monde visible se ferment pour que d'autres sur le monde invisible s'ouvrent. Tout ceci est
du karma ? Non. C'est le processus normal
de l'existence qui fait se succéder deux formes de vie : l'une visible, l'autre
invisible. Par conséquent lorsque Barbarin perdit sa femme, était-ce du karma
? Non. C'était un évènement douloureux mais naturel. Si
nous parlons de sa mort, le mot "karma" me
semble encore moins approprié. Jusqu'à
83 ans il a échappé en grande partie à la
désagrégation de l'âge ; il est mort en pleine possession
de ses facultés et avec le minimum de souffrance.
Je suis tentée de penser qu'ayant épuisé une part de son karma, une mort miséricordieuse et sans déchéance
lui a été réservée. Il semble que certains de
nos lecteurs considèrent la vie physique comme une
fin, alors qu'elle n'est qu'un épisode d'une très longue histoire. Mais là ne s'arrête
pas la question. Le Karma est une loi première
; elle fait partie de Dieu comme en font partie l'Amour, la Lumière
et la Vérité. Elle est une loi d'équilibre qui ne peut être violée. Dieu
lui-même le voudrait-il qu'Il ne pourrait la changer faute de s'exposer à
remettre en question tout
l'équilibre de l'Univers. Il va donc sans dire que
prier pour détourner son karma est absolument vain. On doit prier pour
faire volontairement le travail imposé par le karma, pour comprendre la Loi,
pour se transformer conformément à l'évolution.
Le but étant atteint, il n'y a plus de karma. Mais la question ainsi
traitée ne nous satisfait pas encore. Le karma ne s'adresse pas seulement aux individus. Il y a des actes collectifs propres à
des races, à des pays voir même à des familles. Ces actes sont eux aussi liés au karma et en dehors de
notre karma propre, nous devons aussi subir le karma collectif. Dans le monde
d'aujourd'hui il est facile de voir la trace du karma de certains pays, s'étant
par la violence, appropriés les biens d'autres peuples et je pourrais citer
bien des exemples. Les maladies héréditaires
ne sont-elles pas la manifestation du karma des familles ? Les aptitudes
particulières liées à certaines familles en sont aussi une manifestation. Vous
voyez donc que la question est moins simple qu'on le pense et que d'individuel
le karma doit être conçu comme
planétaire voire même comme cosmique. Nous sommes prêts à répondre
par la voie du journal aux questions que vous voudrez bien nous poser sur ce
sujet. Les
expériences de notre centre "actif". Ainsi que vous le savez, je
fais à Marseille des cours sur "la doctrine du bonheur" et
j'ai demandé à ceux qui l'ont expérimentée de nous
communiquer les résultats positifs ou négatifs de l'expérience. Dans les deux
cas ces témoignages peuvent être instructifs. Voilà le premier
cas qui nous a été soumis. Une
dame que personne d'entre nous ne connaissait, est venue
au cours le jour où j'expliquais que dans tous les
cas de conflits familiaux ou autres, c'était toujours la
personne qui savait qui devait faire l'effort nécessaire au rétablissement de la bonne harmonie. Cette
personne se trouvait, par suite de circonstances qu'elle a expliquées, en froid
sensible avec son fils, sa belle fille et la famille de celle-ci pour la raison, qu'accablée
de soucis, elle n'avait pas assisté au mariage de son fils. La promesse même
de la naissance d'un bébé lui avait
été très froidement communiquée. Rentrant de la conférence
et fortement frappée par ce principe de base de notre doctrine "celui qui
sait doit... etc", elle s'est brusquement demandé "que dois-je faire
pour rétablir l'harmonie entre nous tous ?" Elle était bien embarrassée
car, en somme, elle ne voyait pas en quoi elle avait eu tort. Elle a pourtant
imaginé d'aller trouver la belle mère de son fils à la fois pour lui
expliquer son attitude et aussi pour s'excuser si cela lui paraissait nécessaire.
Elle s'est donc mise en route sans savoir vraiment ce qu'elle dirait ni comment elle serait reçue et elle priait le
long de la
route pour que l'Ami l'inspire. Elle a
abordé son interlocutrice en lui disant : "
un bébé va naître, les deux grands-mères ne peuvent être fâchées et je
voudrais vous expliquer mon attitude
lors du mariage de nos enfants". Or, depuis, tout s'est
arrangé, la concorde règne dans la famille et non seulement cette querelle
a été apaisée
mais d'autres difficultés se sont trouvées résolues
du fait de cet effort accompli par une âme de bonne volonté. de Monsieur M.C. ..
A plusieurs reprises, au long des années - un quart de siècle - nous avons écrit à G.
Barbarin. Toujours il nous a répondu aimablement, sa
dernière lettre nous signalait qu'il devait aller à Nantes pour y
subir l'opération de la cataracte. Dans une de ses réponses
à nos envois, réactions d'un lecteur intéressé à son auteur, il espérait
trouver récompense après sa mort, l'audience
trouvée auprès du public ne répondant pas à la valeur profonde du
message qu'il lui adressait. Eh bien, oui, l'avenir
portera témoignage qu'il se préoccupait de ce qui était essentiel pour
notre siècle.
Le monde va se faire toujours plus intérieur. Il
est déjà engagé dans cette voie qui ne saurait être affaire révolutionnaire mais mouvement lent, souple, patient, irrésistible, le côté invisible
représentant la
partie la plus sensible, la plus faible de la réalité et
qui, pour cela, doit jouer avec une science, un art, une sagesse qui lui permettent d'affronter heureusement toutes
les situations, même les plus sataniques. Plus attentifs à ce qui se
passe en nous, même inspirés quant à nos intérêts d'ordre éternel
et universel, nous aurions tôt fait de nous rendre compte
que, tournés vers le monde extérieur et donnant
pleine satisfaction à notre monde intérieur : se préoccuper
alors de servir avec tout son coeur, toute son
intelligence, s'opère en nous comme une dilatation, un épanouissement
de notre être, une joie intérieure. Par
contre, contrariant le vœu profond de notre nature, notre
raison d'être, d'être en harmonie universelle, nous ressentons un
malaise interne, ce remords de conscience si généralisé
en ce siècle puisque psychiatres et assimilés, tous ceux qui ont affaire avec le côté invisible de la réalité,
signalent l'inquiétude, voire l'angoisse qui étreint âmes et esprits. Nous
n'avons jamais été en contact direct avec G. Barbarin. Pourtant, nous avons eu, un jour, la grande
satisfaction de connaître Mr G. Roux qui s'occupait de
l'édition de certaines des oeuvres et était de passage en Touraine. Ce qui nous attirait dans
cette expérience si bien humaine d'un homme à cheval sur le 19° siècle dont
le dernier tiers fut pacifique et romantique, et le
20° siècle éprouvant en diable pour les sensibilités
humaines, expérience. de forts contrastes, c'est un peu le parallélisme de notre propre expérience. Né plus
tardivement, en 1894, blessé en 1916 dans l'enfer de Verdun, grièvement
en Avril 1918, expérience du monde de
l'administration : ministère du Travail,
quitté délibérément en 1938 à 43
ans pour vivre avec les nôtres, ma femme, deux
jeunes enfants, filles, au contact serré de la terre, de la nature et ce dans cette région aux confins de
la Touraine et de l'Anjou à 20 kms de Chinon, historique pour la
France, historique pour G. Barbarin. Ce qui se retient dans
cette double expérience d'un aîné et d'un cadet, c'est le besoin de sagesse,
le goût de l'effort sur soi si capital dans l'affaire de
vie. C'est cette inspiration qui vient guider le
mouvement de soi et éviter .le pire dans un monde qui sait
asséner des
coups mortels aux générations présentes. Expérience parallèle,
avons-nous signalé. Riche d'une pensée qui a été tout au fond des choses
et fait le tour des choses. Ce n'est pas nous qui
l'avons voulu délibérément : l'hérédité, la blessure, la
nature encline à la sagesse - c'est important - ce siècle
qui fait poser des questions de fond. Nous avons tenté
auprès de différentes personnalités de faire
entendre un ordre de pensée à la totale mesure humaine
et pour cela ample, profond. Nous sentons comme une résistance des
gens en place, leur formation, leur manque de sagesse
à la mesure de la haute position humaine, tant de
préjugés, l'éloignement et le peu d'intérêt pour ce qui est essentiel, le
contact avec la nature animale, végétale. Alors,
attirer l'attention sur le côté intérieur,
invisible, commande la patience, la compréhension; un
travail intérieur s'opère au profond des natures, nous en avons déjà un témoignage visible avec les femmes, si
intérieures, si effacées au long des siècles
et qui s'affirment de plus en plus ainsi que les
populations, Afrique, Orient, relativement passives
dans le passé. Or, un travail comme celui
de Barbarin et d'autres bien inspirés n'a pas été sans retentir sur
le niveau de l'invisible, il y a là une préparation qui
porte et portera toujours plus de fruits. Ainsi, qu'on ait
pris en main (des femmes, retenons-le) le message si
substantiel et essentiel de Barbarin pour le maintenir
bien activement vivant dans l'humanité présente, assure que "Le
Protecteur Inconnu" poursuit son action qui est de dessiller
les yeux d'un monde qui ne sait appréhender que le côté
grossier, quantitatif de la réalité. L'an passé, Mr G. Nizet,
directeur de la "Nouvelle Hygiène" s’en prenait à ceux qui savent
et ne prennent pas part - semble-t-il (oh les apparences) au dur, incessant
combat qu'il convient de livrer pour mettre plus de vérité dans l'esprit
public. Senti concerné, nous avons réagi faisant observer que s'il y a
l'avant où
se déroule spectaculairement, bruyamment l'action, il
y a l'arrière qui, lui, fait effet sur l'invisible. Combien
soutenons-nous par un abonnement désintéressé ceux qui travaillent
pour le bien général ? Et puis, il y a l'exemple
personnel qui ne se dément jamais, les émissions de
pensée d'harmonie expressives du vœu profond, éternel
de la Vie. Enfin et surtout le travail de la terre. En Juin 1938 sentant venir
la guerre et las de la ville bruyante et remuante, nous avions pris possession de ce coin de terre de Touraine assez abandonné.
Défricher, planter des centaines d'arbre, organiser
avec intelligence, cultiver avec amour et cette
terre, transformée, s'est mise à vibrer avec tout
l'amour, toute l'intelligence qu'on lui avait dispensée.
On ne sait guère combien le végétal est sensible à
l'action humaine, combien, pour faire jouer supérieurement
la sève, mouvement à la verticale, en élévation
vers le ciel il faut travailler l'animal, le sang,
mouvement à l'horizontale, à la surface de la terre,
micro-organismes du
sol. A deux reprises des femmes
(encore elles) ces natures finement sensibles aux ambiances, se sont écriées, de passage ici : "c'est un petit
paradis" ; c'était au printemps et l'effet du contraste avec les champs
environnants et leur basse végétation, ail, haricots
verts ; "maison du bon Dieu" n'a pu s'empêcher de dire un homme pas
quelconque (question de sensibilité et
d'intelligence). Combien sont touchés et restent muets,
ce qui ne veut pas dire inactifs intérieurement ? Voilà qui fait réfléchir
sur le retentissement, sur la sensibilité humaine d'une action humaine
sur la terre. Pourquoi ces lignes ? Nous l'avons écrit
plus haut, pour que ceux de l'avant (ici ceux qui ont
pris la responsabilité de perpétuer le message de G. Barbarin) soient aidés, soutenus visiblement et surtout
invisiblement par ceux qui restent en retrait pour répondre à l'ordre des choses,
disons à la hiérarchie
M.C. Chaque homme venu sur
la terre a une oeuvre à accomplir et une mission à remplir. Aucun être humain
ne peut dire qu'il est inutile et que rien de bon ne peut être fait par lui.
Chaque fois qu'une âme vient dans un corps, elle apporte avec elle une mission et un destin. Ce destin, elle l'a forgé au cours de ses vies précédentes.
C'est pour en effacer les traces qu'elle doit
être là, travailler et souffrir car il n'est pas possible que l'homme approche
de son Créateur chargé de ses fautes passées,
quel que soit le temps depuis lequel elles ont été commises. Quant à sa
mission, elle est celle qu'elle a choisie
avant de revenir sur la terre. Les missions les plus humbles ne sont pas les moins nécessaires et
chacun de vous peut, à la mesure de ce qui lui
a été donné, répandre autour de lui les forces et la
sagesse. Les Maîtres ne sont pas tous des Entités supérieures
et inaccessibles. Celui qui veut connaître la Vérité
peut l'apprendre du plus humble des hommes et c'est pourquoi
nous devons être fraternels avec tous et essayer
de ressentir avec eux la force qui les habite. Les hommes pensent toujours posséder la vérité.Or elle ne peut être possédée
par un humain. Il ne peut en posséder qu'une partie,
à la mesure de la grandeur de son âme et de la valeur
de son intelligence. C'est pourquoi il est nécessaire d'être à l'écoute de
celle des autres. L'homme ne peut dépasser une
certaine capacité de vérité mais il peut tendre
l'oreille vers ses frères afin d'entendre ce que la leur lui a apportée. C'est en accumulant ce que l'on a
accepté de la vérité des autres que l'on peut s'approcher de la vérité
totale. Pour le faire, il faut beaucoup d'amour car leur vérité est souvent antagoniste
avec la nôtre, sans être pour cela moins importante
et moins
valable. Nous
pouvons donc être chacun les uns pour les autres
un guide. Celui-là apportera sa conception du monde qui n'est pas la même pour chacun d'entre
nous. L'autre apportera sa conception de l'amour et vous
savez combien les conceptions de l'Amour sont
différentes ! Pour les uns, c'est l'idéal d'un don
total sans désir de retour, sans espérance de paiement. Pour les autres, c'est
un amour plus restreint, amour pour les siens,
pour sa famille, amour pour son pays, pour sa race.
Enfin, c'est l'amour de soi-même qui est à la base
de tous les amours. Il ne faut pas s'imaginer que
nous puissions connaître un amour absolument pur. Cet amour là, qui est celui
que répand Dieu sur tout l'Univers, nous ne pouvons le connaître car il y a en
nous non seulement de l'égoïsme, mais il y a aussi une sorte de nécessité d'auto-protection
qui fait que l'homme
ne peut se livrer entièrement au dépouillement de
l'amour sans risquer sa vie et même son salut car, dans
l'homme d'aujourd'hui, dans l'homme terrestre, l'amour
est mêlé aux instincts qui sont les résidus d'une vie animale que
l'homme a connue avant de connaître une vie humaine. Il
ne faut jamais oublier que l'homme est un composé
hétéroclite d'un corps animal dans lequel une âme divine
a été insufflée et c'est pourquoi il est souvent, il
est toujours, un champ de bataille entre l'animal qui subsiste
en lui, qu'il ne peut toujours dominer, et l'âme
qui voudrait, non pas dominer, non pas annihiler l'animal, mais le
conduire vers une destinée plus noble et
plus heureuse. Cette bataille qui se livre dans les
hommes, se livre dans tout l'univers, sur un plan ou sur un autre. Vous la voyez dans la
nature : l'arbre le plus vigoureux, celui dont l'âme végétale est la plus
forte, s'élance vers le ciel, car le propre de l'arbre c'est
d'avoir ses racines enfoncées dans la terre et de s'étirer
de toutes ses forces vers le ciel ; mais à son
ombre périssent
les plantes qui n'ont pas la même force. Cette
loi qui préside à toute la vie universelle paraît
rigoureuse et pourtant elle n'est pas cruelle car,
ces plantes, qui pour le moment vont mourir, ne périssent
pas en vérité. Elles vont servir à reconstituer
un autre arbre qui, à son tour, s'efforcera vers la
lumière, qui aura ainsi peut-être la possibilité d'accomplir son destin
d'arbre. Il en est ainsi pour l'homme. Ecrasé parfois par
la puissance de l'animal qui domine son âme, il se
laisse entraîner et construit autour une
gangue à travers laquelle elle ne peut
se manifester. Et voilà une vie pendant laquelle très peu de progrès
seront accomplis I Elle
ne sera pas perdue pourtant, parce que nulle vie ne l'est. Les expériences
faites, même si elles ne
semblent pas toucher profondément l'être humain, sont pourtant la semence de
progrès futurs. Il y aura un retour
de l'âme dans un nouveau corps. Peut-être qu'à la lumière des expériences dont je viens de parler ce corps sera t-il moins imperméable,
la coque sera-t-elle moins dure et l'âme, moins enfermée,
pourra-t-elle surgir à la Lumière. Il en est ainsi dans
l'univers, cet univers qui s'efforce vers un
accomplissement dont nous n'avons aucune idée mais dont nous pouvons observer
les prémices dans notre propre destin. Accablés par les épreuves, tourmentés par la souffrance nous pouvons y succomber, nous révolter contre
elle et admettre que rien ne vaut la peine d'être vécu, de vivre, mais nous
pouvons aussi comprendre qu'à travers
la peine et les souffrances il nous est possible de
conquérir quelque chose : une sérénité et une domination
sur nous-même, sur nos sentiments et ainsi nous élever de plus en plus vers
cette perfection à laquelle nous n'arriverons sans doute que dans bien des siècles.
Il nous faut concevoir l'infini de l'univers qui sans cesse
se défait et sans cesse se
recrée, pour comprendre que notre périple est loin d'être achevé et
qu'il nous faudra encore bien des épreuves, bien des expériences
pour comprendre seulement ce qui nous attend et ce qu'obscurément au
fond de nous nous espérons. Chacun
est engagé
sur une longue route ; cette route n'est pas l'unique. A
côté d'elle d'autres routes existent ; parfois nous
paraissent-elles plus séduisantes, moins pénibles, les
cailloux nous semblent moins nombreux et les montées plus
faciles. Quelquefois, nous laissons la nôtre pour prendre celle de
quelqu'un qui vit près de nous. Or cette expérience est
difficile, il faut tant d'amour et tant d'abnégation pour
épouser le destin d'un autre être qu'il reste
exceptionnel que cela soit possible. Alors nous sommes ramenés à notre véritable
route, à celle qui nous appartient, à celle qui a été tracée par l'amour de
notre guide, de notre ange gardien. Il nous faut la réintégrer après avoir perdu du temps, après avoir essayé de
comprendre enfin. Nous reprenons notre chemin et ayant
ainsi accompli ce pourquoi nous étions venus, nous
allons nous retrouver dans l'invisible toujours prêts
à d'autres expériences, les désirant, parce que
nous avons une précience de ce qui pourrait nous
attendre si
nous avions accompli entièrement notre destin. Ce qui nous
attendrait, ce serait la beauté merveilleuse
d'une vie dégagée de tout regret, non pas la
vie divine mais une vie paisible où nous saurions que
nous avons fait tout ce qui nous était demandé, où nous aurions ainsi la sérénité des âmes purifiées. Mais
ceci n'arrêterait pas notre travail, notre exigence
vers quelque chose de toujours plus grand et plus beau.
La mission qui nous est confiée fait partie de cette
route que nous devons parcourir et il est bon
de
ne pas être trop exigeant, de ne pas penser que nous sommes des êtres
exceptionnels et que, par conséquent, ce sont des choses
exceptionnelles qui nous sont demandées. Ceux à qui ces choses sont proposées
sont éprouvés à la mesure de cette exigence. C'est pourquoi,
humblement, nous devons accepter notre travail et le faire avec tout notre coeur et ainsi nous préparer cette vie paisible qui nous attend dans l'Invisible où le repos nous sera donné, où parfois une fenêtre s'ouvrira sur un monde que nous ne soupçonnons pas et où règne la lumière dorée des plans de beauté et d'amour. Cette
lumière, nous en emporterons le souvenir et,
revenant sur la terre, nous la chercherons éperdument.
Nous rencontrerons d'autres êtres ; ou bien ils ne sauront pas que cette lumière existe et
nous essaierons de les faire participer à notre éblouissement et à notre joie. Sans doute, la plupart
d'entre eux ne nous entendront-ils pas ; sans doute, penseront-ils que nous
avons rêvé et qu'il n'y a rien de semblable dans
aucun coin du monde. Mais dites-vous bien que cela
n'a aucune importance. Il ne s'agit pas de convertir, de convaincre. Notre mission est de
dire notre expérience, d'en tirer les conséquences et de
la livrer ainsi
à ceux qui sont susceptibles de la comprendre. D'autres
ont pour mission de faire pressentir à ceux
qui les entourent la véritable valeur de l'amour, cet
amour dont on parle tant sur la terre et qui n'est que
le masque de sentiments souvent bien peu louables, cet amour qui cache parfois derrière lui un égoïsme
forcené qui réduit les êtres en esclavage,
une sensualité débordante qui les dégrade et tout ce
qui est susceptible de rendre le visage de l'amour moins beau et moins pur.
Celui qui éprouvera seulement une minute un sentiment d'amour véritable pour
un autre être ou bien pour l'humanité, celui-là aura conquis une force
extraordinaire et il pourra apporter autour de lui un rayonnement non moins
extraordinaire. C'est cette forme
d'amour qui trouve dans l'invisible sa
meilleure récompense car sur la terre, les êtres,
parce qu'ils sont souvent enfermés derrière leur particularisme,
refusent l'amour tel qu'il doit être, ils ne le comprennent pas, le
rejettent. Mais
quelle importance ? Un jour, ils
se souviendront et ainsi vous aurez rempli votre mission et vous connaîtrez
dans l'Invisible
les prémices de l'Amour divin. D'autres
ont désiré la Connaissance et ont aspiré à recevoir de ceux qui savent des
enseignements. Que sont ces enseignements ? Ils peuvent être
très simples. Cela dépend de celui qui aspire à eux, mais
celui qui a reçu doit absolument donner. Il est
impossible de conserver
pour soi ce qui vous a été apporté. Celui
qui a "reçu" la mission d'enseigner, enseigner à des âmes qui ne l'entendent pas peut-être,
mais un jour dans l'épreuve ces âmes se souviendront,
vous ne le saurez pas, mais qu'importe I Quand vous
arriverez dans l'Invisible s'ouvrira pour vous une porte étroite derrière laquelle se trouvera davantage encore
la connaissance susceptible
d'apaiser la soif de votre âme. Ne
craignez donc point : tous ceux qui ont compris le sens de la vie peuvent aller
sur leur route remplir leur mission, ne pas savoir
qu'ils l'ont remplie et pourtant trouver dans
l'Invisible le rayon de Lumière qui les conduira vers la porte, cette porte qui
s'ouvrira devant
eux et
derrière laquelle ils trouveront les prémices de l'Amour
de Dieu. Andrée NASCHITZ
La solitude dans le monde moderne Chers Amis, Il semble que le temps des vacances qui devrait apporter à chacun la joie et l'équilibre creuse certains
problèmes et accuse certaines souffrances. J'ai reçu ces temps
derniers quelques lettres qui étaient
un véritable cri de désespoir. Certains êtres dans le déferlement joyeux des
vacanciers se sentaient dramatiquement seuls. C'est
pourquoi j'ai voulu traiter pour vous ce sujet de la solitude dans le monde et
essayer de vous proposer un palliatif a cette misère qui n'a jamais été
pire. "Madame, me dit-on,
avec qui puis-je partager les joies de mon voyage. Comment
ne pas me sentir perdue le soir quand je rentre dans ma chambre ? Ou bien : Madame a qui
puis-je me confier, demander conseil, ma famille ne me comprendrait pas. Ce
cri de certains Amis et de ceux que m'amènent mon travail de psychologue rend
pour moi cette rentrée de vacances bouleversante. Quelle
est donc la cause de cette solitude qui ne s'est jamais, au cours de mes trente
années de travail spiritualiste
exprimée
avec tant de forces. Je
crois que la première des raisons est le processus de désagrégation
de la famille. Autrefois
elle se resserrait en principe autour d'un individu grand-mère, mère, tante qui réunissait
autour d'elle grands et petits plusieurs fois par an. Dans cette réunion des êtres
du même sang, du même milieu il était bien rare
qu'on ne trouvât pas le confident dont on avait besoin. Jeunes ou vieux avaient
ainsi l'occasion de s'épancher. J'ai
souvenir d'une certaine maison en Bretagne ou
vivait une vieille dame seule mais illuminée par l'attente
des vacances ou la maison et le jardin retentiraient de rires et
de voix joyeuses. Combien de confidences se
sont échangées là et que de coeurs lourds se sont allégés. Hélas la vieille dame est
morte. La maison et le jardin au coeur de la ville ont fait place à un
immeuble moderne. On y entend les pétarades des
motos, le bruit des portières claquées et chacun rentrant harassé du
travail ferme sa porte au nez du voisin. Après dîner on allume la
télévision, si l'un des membres de la famille oppressé par un souci ou une
peine se risque à dire un petit mot un grognement lui répond "Tais toi laisse
nous écouter". Le dimanche on s'embarque dans la voiture,
en famille quelque fois, on roule, on s'arrête. Si on
roule toute la famille est préoccupée de "ce vieil
imbécile qui n'avance pas" ou de ce "tordu"
qui double quand on voudrait
le faire soi-même. Quant
aux soucis aux peines des autres on y pensera le lendemain; le dimanche c'est fait pour la détente ; une autre
cause c'est l'organisation toujours plus poussée de la vie collective. Il
y a peu d'années encore on trouvait autour de soi un peu de sympathie. Le
sourire du boulanger, le mot gentil de la bouchère même si ça ne voulait pas
dire grand chose faisait un peu chaud au coeur quand on était malade de
solitude. Maintenant
on va au Prisunic on se sert soi-même on fait la queue pour payer. On n'est plus un être
humain mais un chariot roulant
et un porte monnaie. La rapidité de l'évolution
de la vie creuse entre les générations un fossé de plus en plus grand et on
est souvent à quarante ans plus proche de son collègue de bureau que de son fils
de vingt ans. Que
dire des gens âgés à qui les possibilités ne sont point données de se
mettre à la page soit parce qu'ils n'ont point de jeunesse autour d'eux soit
parce que les jeunes trouvent "qu'ils ne sont vraiment
pas marrants". Que dire des femmes seules plus
tout à fait jeunes et pas tout à fait vieilles,
repoussées par les ménages de leur âge ou trop renfermées en
elle-même par déception ou timidité. Mais oui dans
ces temps
atomiques ça existe la timidité ! Et il y a tous ceux qui en famille pourtant ne peuvent s'exprimer,
ne sont point compris et qui ont parfois le coeur si lourd ! Enfin la solitude existe parce que les hommes sont coupés
de la nature. Vous
me direz "tout le monde le dimanche se rue hors de
la ville, il y a les vacances. Certes mais pour se retrouver
sur la route fuyant quoi ? Soi-même, sa solitude et le vide de son coeur. Pour se retrouver sur les
plages, dans les campings, dans les autocars au coude à coude. Pourquoi ? Parce que l'imprimé et
l'image nous dispensent chaque jour un peu plus de penser
et que l'homme n'a pourtant jamais trouvé de compagnon
plus fidèle que lui-même. Il y aurait encore bien d'autres raisons à trouver
à notre solitude mais je ne veux pas alourdir ce
petit entretien. Je m'arrêterai là en résumant en quelques mots les causes de
notre malaise : notre paresse à penser, notre désintéressement des autres
notre méconnaissance du grand livre que Dieu ouvre sous les yeux des hommes
pour qu'ils apprennent à le connaître et à l'aimer afin de n'être plus
jamais seuls. Mais il ne s'agit pas de diagnostiquer une
maladie et ses causes il faut essayer de trouver un remède. Bien que le secrétaire et moi répondions
volontiers à toutes les lettres que nous recevons des
uns et des autres, nous avons lui et moi notre travail et
ne pouvons entretenir la correspondance qui serait un palliatif à une
solitude trop pénible. Voulez-vous
que nous établissions une nouvelle rubrique la
votre. Demandez des correspondants, offrez votre amitié, prodiguez-là. Soyons des vrais Amis de G.
Barbarin en étant tous les amis les uns des autres. Andrée
NASCHITZ Lors
de son voyage à Fatima, Paul VI déclarait que "l'Humanité n'était pas
aussi en progrès sur le plan moral que sur le plan
scientifique". Voilà une constatation que nous
avions
faite depuis longtemps et, certainement,
les Amis de G. Barbarin seront unanimes à répondre
: "notre progrès à nous est plus profondément axé
sur le plan moral, car nous savons que c'est le seul
qui ne soit pas éphémère et qui apporte une forme de bonheur
durable". Cela
va nous conduire au débat suivant : ce déséquilibre
entre les plans "moral" et "scientifique" n'est-il pas la
conséquence de la différence entre le "Savoir" et la
"Connaissance", entre la Science qui veut "savoir" et
l'Esprit qui cherche à "connaître" ? QU'EST-CE QUE LE SAVOIR ? A cette question, nous répondrons par une autre
question: QUE PEUT APPORTER LA SCIENCE DE LA MATIERE ? Nous
ne devons pas nier que
de nets progrès ont été faits
dans la connaissance de notre habitat, des constituants de l'atmosphère dans laquelle nous
vivons, en un mot de la "matière extérieure". Mais
cette Science là qui décompose, analyse, reste toutefois à la surface des choses
et tente, à l'aide de ses découvertes, de reconstruire. C'est
ainsi donc qu'opposé à certains avantages, nous
allons trouver un inconvénient majeur : cette connaissance est liée à un
cerveau mortel qui va s'anéantir avec la mort physique. De ce fait,
qu'adviendra-t-il de toute la peine, de tout le travail
que l'homme
aura accompli au cours de sa vie terrestre ? Il n'en restera rien puisque le
cerveau étant détruit, la connaissance acquise par lui disparaîtra. LE BUT DU SAVOIR. Ce
but que recherchent les savants de la "Matière" est d'acquérir une prééminence sur autrui par la
connaissance de secrets matériels. Lorsque ces derniers sont
mis à la disposition de l'humanité, il est possible que
dans un souci de progrès il y ait là une ébauche de recherche du
bonheur. Pourtant il faut se rendre à l'évidence : le Savoir n'a pas apporté aux hommes le bonheur. Pourquoi ? Parce que les
recherches scientifiques sont limitatives. Si le
savoir cérébral s'accroît et avec lui l'intellectualisme, le monde des causes
est oublié ne laissant apparaître que celui des effets. QUE DEVIENDRA CELUI QUI " SAIT "
MATERIELLEMENT ? Je pose cette question
parce qu'elle peut se rattacher aux divers articles sur le Karma et la Réincarnation
que nous vous proposons actuellement. Supposons donc la mort d'un
savant qui ne s'est pas aperçu
de la vanité de son mode de connaissance. Son
cerveau étant détruit, que lui reste-t-il ? Le désir
de connaître davantage. Il va donc se trouver sur un
nouveau plan où seul son désir va jouer et ainsi il
va essayer d'acquérir de nouvelles connaissances afférentes
à ce plan. Ce
sera encore malheureusement en vain car le corps astral,
quoique plus subtil que le corps physique, n'en
est pas moins matériel. De ce fait cette nouvelle forme
de savoir sera à son tour une sorte d'appui matériel
qui disparaîtra à son tour. C'est pourquoi, malgré ses acquis, tant qu'elle n'élargira
pas sa connaissance intérieure et ne cherchera pas à connaître la vie propre qui anime tous les composants de la
matière, cette âme s'incarnera à nouveau aussi
pauvre de connaissance réelle et avec la même curiosité
que lors
de sa vie précédente. Y A-T-IL UN COMPROMIS ? Nous
parlions ci-dessus de la vanité des connaissances
matérielles. Elles sont vaines en effet car elles
excluent l'âme de la Connaissance Réelle. La véritable connaissance doit se
situer dans un équilibre entre l'intelligence et l'âme. S'il est bon de savoir
que
la matière n'est solide qu'en apparence, qu'elle se
décompose en particules animées de vie, particules qui
elles-mêmes vont se décomposer en électrons, protons,
neutrons, il est encore plus valable d'apprendre
à connaître la Vie qui anime ces particules car
l'analyse toujours plus approfondie des éléments à
laquelle se livre la connaissance scientifique, ne fait que reculer le
mystère qui ne se livre pas. LA FAILLITE DE LA
CONNAISSANCE SCIENTIFIQUE. Le mystère de la Vie
ne se découvrira pas à l'intelligence mais au coeur et
à l'âme. La Science actuelle n'apporte pas le bonheur aux hommes qui, remplis de vanité à l'idée des conquêtes des
savants, pensent qu'a force de "savoir" ils seront heureux !
Pourtant la faillite de cette espérance est apparue
depuis longtemps : malgré les avantages sociaux et matériels de toutes sortes
liés à la Science, il n'y a pas plus de bonheur qu'il n'y en a jamais eu. Le
bonheur n'est pas créé par le Savoir mais par la Connaissance intérieure des
choses, celle qui ne se contente pas des apparences mais
qui recherche au delà de la Réalité. L'ABSENCE DE STABILITE CAUSE DU DESEQUILIBRE. Nous
savons, par principe, que l'homme veut être heureux. Or, pour cela, il faut une
stabilité. Nous voyons aussi que la science
seule ne le lui procure pas. Chaque jour tout est
remis en question, les découvertes se succèdent et s'amoncellent les unes sur
les autres. Devant cela, l'homme est éperdu d'angoisse et le déséquilibre
qu'il constate est incompatible avec la
sérénité. Seule la Connaissance sera capable de lui
donner une force impérieuse qui le conduira vers une recherche toujours
plus poussée. Mais les hommes ont peur, ils se
fuient eux-mêmes : peur de l'instabilité, des doutes qui les
assaillent. Ils
ne veulent pas faire ce retournement nécessaire qui leur permettrait peu à peu de pénétrer à
l'intérieur d'eux-mêmes, de briser la carapace qui les sépare de Dieu. Cette peur ne disparaît pas facilement, car ce sentiment est une force à laquelle vont se mêler d'autres forces
qui nous entourent, forces matérielles telles que fracas, publicité,
bavardage oiseux, dont il est difficile de se défendre. OU SE SITUE LA CONNAISSANCE ? De
la même façon que le savant recule les barrières du Savoir,
de même, si nous voulons acquérir la
Connaissance, il nous faut pénétrer de plus en plus en nous-même, là où
nous finirons par rencontrer Dieu. La barrière qui sépare
Dieu de l'homme a été construits par l'homme à force d'ignorance, d'entêtement
et de stupidité. Dieu ne demande qu'à se livrer à nous, tel le Père indulgent
et bon. Il désire entre Lui et les hommes une véritable communion qui leur
apportera stabilité et sérénité. Ainsi
donc, au delà de la Réalité, la barrière abolie, il y a une sorte de contact
intime avec les êtres et les choses, une pénétration des coeurs et des âmes qui procure un bonheur au delà de tout ce
qui peut être imaginé ou dit. C'est un bonheur
stable, non sujet
à l'envie ou à la haine. Une fois
conquis,
nous le garderons parce qu'il va au delà
des apparences et n'est pas sujet non,
plus à la perte ou à la disparition. Il
est lié à une part indestructible de l'être et ne peut donc se trouver détruit
par quiconque ou quoi que ce soit. ACQUERIR LA CONNAISSANCE, C'EST RETABLIR L'EQUILIBRE Il
est certain que nous devrons tous acquérir la Connaissance,
même si pour
cela nous mettrons des millénaires innombrables.
Nul ne retournera à Dieu tant qu'il ne l'aura pas acquise. Il aura pu entasser
des expériences scientifiques, repousser la barrière
qui le sépare du Divin jusqu'à son extrême
limite, s'il se contente du Savoir sans chercher la Connaissance, il n'en
aura pas pour autant conquis le Divin ! C'est
donc une lutte menée chaque jour qui nous permettra de nous connaître nous-même
intérieurement et d'obtenir le fruit de la vérité. Nous ne devons rien écarter
comme "non valable", mais bien assimiler tout ce qui se présente, non
seulement à notre intelligence mais aussi à notre coeur et à notre âme.
Ainsi, nous apprendrons
à Savoir et à Connaître. Il
faut donc créer une harmonie, rétablir un équilibre
déficient. Le chemin n'est pas à sens unique. La
Science n'est pas condamnable, car si, tôt ou tard elle
sera conduite à prendre conscience de la vanité de ses connaissances, dans l'immédiat elle est pourtant utile dans la
mesure où elle nous aide à connaître ce qui nous entoure, à le comprendre
dans l'avenir et à en user dans l'espoir du bien de tous. Le
chemin de la Connaissance nous oblige à avoir recours à la prière, à ce
contact direct avec Dieu que Barbarin a voulu rétablir pour ses lecteurs et amis (cf. "Dieu mon
copain"). Par la prière nous pouvons demander la Lumière pour
nous et pour autrui, Lumière qui nous guidera et nous mettra à l'abri des
curiosités du Savoir, curiosités qui sont le contraire de la spiritualité. Ce
désir de lumière ouvrira notre coeur à la Connaissance.
Dieu est resté trop longtemps séparé des
hommes. Le constater n'est pas suffisant. Il faut agir et commencer par nous-même
afin que l'étincelle divine qui nous habite puisse toucher ceux qui nous
approchent. Qu'importe notre nombre, l'éternité est là et
le monde est en marche... L. ROYERE
A
propos du Courrier de nos Lecteurs Nous voulons faire état
d'une lettre que nous avons reçue d'un de nos correspondants.
Celui-ci nous parle de l'article "Jésus et les Maîtres" qui, dit-il,
n'est
pas dans l'esprit de Barbarin. Je pense que notre lecteur a raison dans une certaine limite. Pourtant, s'il a lu tous les livres de Barbarin, il
s'est aperçu qu'au cours de sa vie d'écrivain,
celui-ci a évolué sur diverses questions. Que serait un penseur qui, au cours de plus de trente ans de
vie spirituelle, n'évoluerait pas d'autant plus qu'il
est, par son élévation, en contact avec des plans de plus en plus hauts
? La Sagesse n'est pas
statique et elle ne doit pas l'être. Par ailleurs, le secrétaire
et moi (car nous sommes jusqu'ici seuls à assumer la responsabilité du
Bulletin) avons une amicale admiration pour
Barbarin mais n'avons pas pour autant renié notre
personnalité et
notre façon de percevoir la vérité. Parmi les lecteurs, peut-être en est-ils qui partagent nos opinions
? Tout en restant très
respectueux du but de notre Journal, nous pensons qu'il est bon, de temps en
temps, d'élargir un peu le débat. Nous comprenons très
bien qu'on ne partage pas notre point de vue, mais tout de même nous
revendiquons ici une certaine liberté sans laquelle il n'y a pas de travail valable. Il
est normal que nous fassions l'unanimité sur les travaux de Barbarin puisque vous êtes tous ses
lecteurs, mais pour le reste, chers Amis, tournez la page et attendez le prochain
Bulletin qui vous donnera toute satisfaction. A.NASCHITZ
Quand notre bulletin
vous parviendra, 1967 sera proche de
sa fin et nous serons prêts à accueillir cet an qui pour chacun de nous
doit être chargé de promesses. Nous ne sommes ni les uns ni les autres de ceux qui voient passer le
temps avec effroi. Nous avons tous connu, au fil des ans, des
joies et des peines, des victoires et des
défaites et la plupart d'entre nous voient
dans la glace, quand ils s'y regardent, se marquer sur leur visage
quelques rides de plus que l'an dernier. Pourtant notre Ami nous a
appris, à la fois par ses livres et par sa vie, que ce n'est pas dans la glace se mesurent la jeunesse et la vieillesse, de même
ce n'est pas dans les évènements extérieurs
que se mesurent
le bonheur ou le malheur. C'est pourquoi il m’est
permis, qui que vous soyez et quelles que soient les circonstances
présentes de votre vie, de vous dire "Au gui l'An
Neuf" et qu'il vous trouve toujours plus jeunes et plus heureux. Pourquoi pas ? Nous
avons en nous une impérissable jeunesse. Celle-ci ne dépend ni du temps, ni
des soucis ni même des maladies. Elle est liée à la force de vie qui nous anime, à la part de lumière divine qui est en
nous. Il nous appartient donc, ou bien de nous centrer sur ce qui est périssable, de nous attacher à notre forme extérieure, à une usure qui se manifeste dans certains de nos organes, ou bien de l'oublier nous-mêmes et de le faire
oublier aux autres. Comment cela me direz-vous ? Mes cheveux
blanchissent, je dois porter des lunettes et
m'asseoir pour nouer mes souliers. Sans doute cela est vrai. N'avez-vous jamais
rencontré des êtres devant lesquels personne ne
s'interrogeait, ne se demandait "quel âge a-t-il" et qui, cheveux
blancs ou non, ne manifestaient, au long des ans, ni tristesse, ni découragement,
ni amertume ? J'en ai connu quelques uns et tous m'ont apporté un bien très précieux
: la possibilité de me libérer du temps. Si nous relisons les
oeuvres de Barbarin, surtout les dernières, nous voyons à
quel point il s'était lui-même libéré du temps.
"La Vie commence à cinquante ans". Quelle erreur, a-t-il pensé par
la suite ! La Vie ne commence ni ne finit. Elle
coule comme un fleuve tranquille, suivant sa route, et ce que nous pensons d'elle
ne l'affecte en rien. C'est
nous qui sommes transformés par l'idée que nous en avons. Si nous pensons
qu'elle est un mal, elle devient ce mal et elle ne nous marque profondément que
si nous acceptons que nous sommes cela qui est périssable. J'ai connu notre Ami il avait près de soixante dix
ans et j'étais sa cadette de bien des années. Pourtant, nos joutes intellectuelles fréquentes et joyeuses m'ont souvent laissée
K.O. tant il mettait d'ardeur à exposer ses idées et tant était grand son désir de
comprendre pleinement les miennes.
Quand après ces escarmouches nous nous regardions en
souriant, une jeunesse impérissable brillait en ses yeux. Je l'ai connu au plus noir de son chagrin, après la mort de sa compagne. La jeunesse n'est pas indifférence
au contraire, et quand on a déjà beaucoup vécu, on comprend mieux aussi la
valeur de ce qu’on perd. J'ai pu l'aider à cette époque
par mes convictions, semblables aux siennes du
reste mais que, dans certaines circonstances, on aime
entendre affirmer par un ami... Pour moi, la mort
n'existe pas et j'ai la preuve que notre survie maintient tout ce que notre être
a de meilleur : notre amour pour ceux qui nous ont
accompagnés sur la route, notre amour pour tout ce qui
vaut la peine de vivre : la Lumière, la Beauté et
la Vérité. Puis
je l'ai vu surgir peu à peu de sa peine et se reprendre
à travailler et à vivre avec la même lueur de
jeunesse indestructible dans ses yeux. Il puisait dans son amour de la nature, dans son contact
avec la terre qu'il aimait la certitude heureuse de la
permanence de la vie à travers les transformations
saisonnières. Les années passaient
pourtant. Chaque fois que nous nous retrouvions nous
avions le même bonheur à confronter nos idées, nos
opinions, les transformations que la vie apportait à nos âmes. Son appétit de
travail était insatiable et sa sagesse grandissait sans
l'assombrir ; il était toujours droit et alerte et si parfois
ses reins lui faisaient mal il niait le mal et
continuait à
cultiver son jardin. Il
savait et aimait rire ; détaché de la nourriture, il
aimait réunir ses amis autour de sa table et sa courtoisie,
sa gentillesse faisaient de ces jours là un jour de fête. Parfois dans ses yeux luisait la
malice d'un enfant et je pense qu'il estimait
jouer un
bon tour au temps puisqu'il était toujours là, toujours
le même, essayant d'apporter toujours plus de certitudes et toujours plus de
réconfort à ceux qui s'adressaient
à lui. Beaucoup d'entre vous savent qu'il n'a jamais laissé, une lettre sans réponse sauf si elles devaient
conduire à une controverse stérile. Il mettait tout son coeur à
comprendre chacun et c'est pour cela que son coeur est resté jeune.
Je l'ai vu un mois avant sa mort et l'ai trouvé égal à lui-même, pressé de travailler, sachant qu'il avait encore quelque chose à dire, quelque chose à apporter à ceux qui, pendant sa vie, sa longue carrière de philosophe, l'avaient suivi.
Et il est mort, me direz-vous ! Eh oui ! Quant
la bêche dont il se servait avec tant de joie était usée, il en
changeait et restait lui-même. Le corps par
lequel il s'est manifesté pendant quatre vingt trois ans était usé : il l'a
abandonné. Mais quelques uns d'entre
vous m'ont écrit qu'à certains . moments
difficiles, ils l'avaient senti près d'eux. Mon mari, mort peu de temps après
lui, ne cessait d'affirmer pendant ses derniers jours qu'il le voyait et
qu'il était présent pour l'aider. Personnellement
je sais qu'ayant abandonné ce corps
qui l'alourdissait, il vit dans un monde où son amour. des hommes peut d'autant mieux
se satisfaire qu'il ne
s'adresse plus à leur intellect, souvent
rétif et incompréhensif, mais à leur âme
qui est soeur de la sienne. Il a retrouvé son pays, là où le temps perd sa valeur
et où la jeunesse est éternelle. L'exemple
d'une telle vie et les expériences de ma propre vie me permettent de vous dire
"Au Gui l'An Neuf". Que l'an neuf, au lieu de vous plier aux attentes
du temps vous apporte la certitude d'une jeunesse
et d'un bonheur qui ne dépendent pas de lui. On ne
vieillit en vérité que si on l'accepte, et on L'accepte dès
qu'on se retranche de la vie. Quand nous pensons
qu'autrefois, que l'an dernier, tout était mieux qu'aujourd'hui,
nous nous retranchons. La
vie est essentiellement mouvante et si nous voulons garder notre jeunesse, c'est
en avant qu'il faut regarder. Certes, il y a dans le monde d'aujourd'hui des
outrances, des folles, mais nous qui savons ne pouvons nous penser sereinement
que tout cela passera et que resteront uniquement les choses qui peuvent servir l'homme dans son évolution ? Certes,
les transformations sont plus rapides qu'elles
ne le furent jamais. Mais elles ne sont pas les
premières. Pouvons-nous imaginer celles que causèrent par exemple l'invention de la roue et les
possibilités immenses qui furent alors ouvertes à
l'homme ? Il y en a bien eu à cette époque qui ont pensé
que le portage sur le dos valait mieux. Ils étaient les vieillards de ce temps,
ils se retranchaient de la vie qui est en marche vers
quelque chose que nous pressentons mais que nous ne connaissons pas. Je
pense qu'il est facile d'accepter les transformations
du monde
quand, ayant vécu, nous avons compris la relativité
de toutes les choses matérielles et la pérennité des choses de
l'esprit. L'amour de la vie, de toute la vie, de ses
lumières et de ses ombres, de ses
joies et de ses douleurs, est assurément
la certitude pour nous de rester jeunes jusqu'à l'ultime jour de notre
vie et, si je vous souhaite aujourd'hui la
jeunesse de préférence à autre chose, c'est parce qu'à mon avis elle est génératrice
de biens innombrables, de la santé par l'optimisme, de l'efficacité par le
dynamisme, de la confiance, de l'allégresse, de l'ouverture d'esprit, du désir
de connaître, de l'adaptabilité, toutes choses qui ne peuvent que contribuer
au bonheur durable de l'homme. Au
gui l'an neuf ! Le Gui n'était-il pas symbole d'immortalité chez
les Gaulois ? A.NASCHITZ La carence spirituelle
du monde et ses conséquences . La France aujourd'hui s'effare d'être contaminée par
l'habitude anglo-saxonne de la drogue. Certes, on s'est toujours drogué et ce, depuis toujours et dans
tous les pays du monde. Pendant
longtemps, et aujourd'hui encore
dans certains peuples dits "primitifs", la drogue faisait partie des
rites religieux et permettait un dégagement de l'âme qui pénétrait ainsi
dans un monde qui n'était plus matériel. Dans le reste du monde les prix
prohibitifs de la drogue la réservaient à un milieu riche et désœuvré et
des barrières morales s'élevaient contre son usage. Quand le français succombait sous les ennuis - et
il a eu depuis bien des années beaucoup d'occasions de le
faire -, c'était à l'alcool qu'il demandait l'oubli. Combien
ont ainsi noyé dans le vin le souci des affaires et les ennuis du ménage. En
somme, chez nous, c'était l'oubli des difficultés passagères que l'on
cherchait. Puis la chimie ayant fait de foudroyants progrès, l'existence
devenant de plus en plus décevante et harassante,
l'ère des pilules s'est instaurée. Il y en a de toutes
sortes : les unes servent à se doper, les autres à
se calmer et il arrive qu'on use alternativement des deux, déréglant sans merci le système nerveux.
On recherche,
lors des accidents de la route, l'alcool dans l'haleine
et le sang des chauffeurs. Mais a-t-on pensé aux excitants et calmants utilisés successivement qui
affolent les réflexes et
obnubilent l'esprit. ? On ne cherche plus l'oubli d'ennuis passagers mais la
possibilité de stimulation physique ou intellectuelle. Comme
ces stimulants finissent par rendre insomniaques leurs fidèles, ceux-ci
demandent aux calmants de leur faire retrouver le sommeil,
et le cercle infernal s'installe ! Il conduit presque sûrement
à la dépression nerveuse, aux troubles mentaux passagers ou définitifs. Là,
nous savons quoi incriminer. La faculté d'assimilation de l'homme est
insuffisante
pour absorber les changements trop rapides de la vie actuelle.
Il faudra plusieurs générations pour que les nerfs puissent s'y
habituer. Pourtant, on voit poindre chez certains enfants un
durcissement de la sensibilité, une robustesse nerveuse qui
fait présager que l'adaptation est en voie de se réaliser
et que la merveilleuse plasticité de l'homme jouera là comme elle l'a fait
tout au long de son évolution. Un jour viendra où
sans alcool, sans pilule,
il se sentira chez lui sur la terre telle qu'elle est devenue. Mais
actuellement un autre problème se pose et qui
concerne également les conditions de vie qui sont faites à l'homme
d'aujourd'hui. Depuis des années déjà en Amérique et depuis moins longtemps
en Europe, nombre d'adolescents fument la marijuana. Ceci ne correspond plus à
un besoin physique, cette drogue n'étant ni dopante ni calmante. Que
recherchent donc ces centaines de milliers d'adolescents? Quelle insatisfaction
est en eux qui les fait aboutir à ce geste
dont la conséquence - et ils le
savent - est un détraquement mental plus ou
moins rapide, une diminution intellectuelle et un affaiblissement de la
volonté ? Il
faut d'abord nous poser la question suivante : "Quel
est le pays qui a été touché en premier et où ce besoin de la drogue s'est répandu
le plus généralement ?". C'est
sans aucun doute l'Amérique, la riche Amérique où le
"way of live" est le plus facile et où l'effort demandé aux jeunes est le moins pénible, le pays où
le souci premier de chaque homme, de chaque femme est de
"faire de l'argent" d'une façon quelconque et vite
si possible, bref un pays où règne le matérialisme, où
l'effort est tourné entièrement vers le profit personnel.
Dans ce cadre
étouffant, que cherche donc la jeunesse ? Je
me le suis demandé bien souvent, au hasard des nombreux articles que j'ai lu
dans la presse ; puis, au cours des vacances, j'ai eu l'occasion de
rencontrer une jeune fille faisant
partie de ce groupe des "Hippies" de Los Angeles, berceau du
mouvement. Evidemment, j'avais déjà compris bien des choses : le dégoût
d'une jeunesse sans aspirations élevées à qui aucun autre idéal n'est proposé que la chasse à l'argent, la réprobation
vis-à-vis des générations précédentes qui n'ayant
pu, ou voulu, éviter deux guerres affreuses en entretiennent
une troisième dont ils soupçonnent les conséquences
économiques, donc matérielle, la peur, fût-elle
inconsciente, devant la menace atomique, mais ce
que je n'avais pas compris c'est qu'il y avait là un
probable retour vers les anciens rites religieux qui s'accompagnaient de
l'absorption
des champignons hallucinogènes. Puisque
ce monde est définitivement mauvais, puisqu'on
n'y trouve plus rien d'exaltant, pourquoi ne pas
essayer de savoir si un autre monde n'existait pas, s'il
n'y a pas d'évasion possible de l'ambiance abominable
dans laquelle vivent les hommes d'aujourd'hui ? On a
découvert d'abord le L.S.D. puis d'autres drogues du
même genre. Quels en sont les effets ? C'est ce que j'ai demandé à ma jeune
voisine de plage et voici sa réponse
: "elle nous rend plus pacifiques, plus compréhensifs,
plus fraternels". En un mot, de cet usage de la drogue est en train de naître une nouvelle musique, un
nouvel art plastique. Ce que cela vaut, je n'en sais rien et ne me
permettrai pas de juger. Il
faut bien dire aussi qu'à l'exemple de tout mouvement
révolutionnaire, il y a parmi les hippies des purs et les autres. J'avais
certainement à faire à un membre
de la première catégorie car mon interlocutrice a
ajouté ceci : "j'ai pris de la mescaline une fois, mais je ne recommencerai plus car j'ai le sentiment
de faire par là irruption dans un monde auquel je n'ai
pas droit". Ne voilà-t-il pas la cause des déséquilibres
constatés chez certains usagers de la drogue alors que
d'autres en sont indemnes ? En effet, si j'en crois la
"relation" des étapes du "voyage" accompli, on peut les
apparenter aux visions des mystiques. Or, ceux-ci, avant de les obtenir, se soumettent à
une ascèse très stricte, se dépouillent peu à peu
d'une grande part de la matérialité de leur être, de
sorte que passant dans ce monde interdit à la généralité des
humains,
ils s'y harmonisent parfaitement. Là,
je comprends très bien la chose. En effet, si je
n'ai pas essayé la drogue, j'ai fait il y a un certain
nombre d'années une expérience qui s'y apparentait. Un
docteur italien, médecin chef de l'hôpital d'Udine, a
écrit il y a une trentaine d'années plusieurs livres non traduits en français.
Il y relatait des expériences faites par lui au cours desquelles il avait déterminé
certaines
zones de la peau qui, dûment excitées, permettaient des phénomènes
extraordinaires : le dédoublement, la vision à distance, bref, à volonté,
toutes les expériences psychiques faites soit par des médiums soit par des
mystiques. Un groupe d'amis et moi-même avions décidé de nous livrer à ces
expériences relatées très sommairement du reste dans un des livres du docteur
Leprince. J'en étais le sujet, et ce fut bouleversant pour mes amis et pour
moi. Mais, saisie du même scrupule que ma jeune interlocutrice et dans les mêmes
termes, j'ai
décidé de cesser ces expériences au grand regret de ceux
qui faisaient partie de notre groupe. Je sentais que mon équilibre était en danger et qu'hélas je
n'étais pas digne de cette évasion. Qu'est
donc ce besoin qu'ont les hommes de s'évader de
leur corps, hors de leur temps ? Ne voudraient-ils pas
réagir par là contre un monde dont la morale, l'absence
d'idéal les laissent insatisfaits et que la science dépouille pour l'instant
de toute espérance ? Cette recherche n'est-elle
pas l'exutoire d'un monde sans foi et sans Dieu où
l'homme doit se créer par des moyens contestables et dangereux où s'oublient
les menaces de destruction, les tueries scientifiques
et la perspective
de devenir des robots au service d'idéologies antagonistes et incontrôlables. Si
la société telle qu'elle est aujourd'hui oblige la jeunesse à des recherches
aussi périlleuses, c'est qu'il y a quelque chose qui
cloche en elle et il faut la réformer. Qu'on
n'attende pas de moi que je dise les moyens de le faire. Je puis
seulement, à la mesure où cela m'est possible, faire
un barrage contre des forces de violence et d'avidité créées
par les hommes. Je peux inviter tous ceux qui
partagent nos idées de se joindre à moi dans ce travail. Je suis sûre que
celui qui a été à l'origine de la création de ce bulletin y
apporte aussi
toute sa force et tout son pouvoir. Sur
la terre, dans ce monde de la dualité, toute chose
a deux
faces : une blanche et une noire. Le malheur
est que l'amour du lucre porte toujours les hommes
à en exploiter le côté noir et c'est peut-être ce penchant
abominable qui conduira l'humanité à sa perte. Je
ne veux pas à mon tour exploiter ce côté noir. A travers
toutes ses vicissitudes, l'Humanité avance et j'ai
la foi absolue qu'elle ne s'arrêtera pas. C'était cette certitude qui nous
rendait, notre Ami et moi, sereins et apaisés. Andrée
NASCHITZ Chers Amis, Pour vos étrennes et
puisque Barbarin s'était fixé dans le Sud-Est et que la Société des Amis est
en Provence, j'ai demandé à mon amie Marie Mauron, célèbre écrivain provençal,
de bien vouloir nous parler de Noël à sa façon, c'est-à-dire
suivant les traditions du pays
que nous aimons tant toutes les deux. Puissent
ces lignes, hélas un peu courtes à mon point de vue, vous apporter autant de
joie que j'en ai eu moi-même à
vous les faire connaître. Andrée
NASCHITZ Non, ce n'est pas à vrai dire un acte de foi que
de faire, à Noël, sa crèche, mais un acte d'amour, et d'amour familial, car
ces santons que vous démaillotez au sortir de la caisse où ils ont dormi onze
mois, ce sont des parents, des amis qui, fidèles, reviennent faire fête avec
vous. Plaisir de les revoir, de leur sourire, de leur rendre leur place sur la crédence où, pour
vous seul au milieu de qui vous aimez, vous avez dressé Bethléem. Je dis seul - bien qu'accompagné - car chacun se
sent seul dans cette sorte de prière qu'il adresse secrètement,
dans son coeur, à chaque santon. Quant à moi, pour être secrète, ma prière en
faisant la crèche sur le pétrin lustré par la cire de mes Ancien non, je ne
suis plus seule à la dire, démaillotant chaque santon de ma famille en argile coloriée. Ma litanie s'est enrichie de celles d'amis, santonniers, poètes,
vivants ou déjà morts et, par là, plus vivants.
Ils m'ont confié leurs souhaits à propos de chaque
petite figurine qui sont les miennes. Je les ai joints à mes propres souhaits
et cela fait, au plus beau moment de Noël, celui où l'on construit sa crèche,
un bouquet de prières silencieuses qui n'en forment plus qu'une, celle
nombreuse et chaude, de l'amitié que ravive l'amour immense du pays. Dieu de Nazareth et de Saint François, Faites nous philosophes comme le Pêcheur, Insouciants comme le Tambourinaire, Joyeux
de découvrir la beauté du monde comme le Ravi, Patients comme la
fileuse, Assez
forts pour rire à la pauvreté comme les gitans, Braves comme l'Âne Persévérants comme le Boeuf, Donnez-nous le goût des
choses de la terre comme au Berger Faites que, pareils aux santons, nous nous
sentions pétris de cette
terre - de cette terre autant qu'il se peut sans défaut
- mais avec le reflet du ciel sur le visage, Donnez nous la chanson du Meunier, La science des Rois Mages, La douceur de l'Agneau, Celle de la Bergère, La fantaisie rocassière de la Chevraille, La conscience droite du Chien, La bonté du pain, La saine saveur du sel de la mer, La bonne humeur du vin cuit, La flamme de la fascine, L'espoir qui bourgeonne au cep mort, La vertu de l'ail, Celle de la sauge que Marie aima, La pureté de l'huile. Gardez-nous, vivante,
la fleur d'amitié, Par
dessus tout, riez à la Provence, à ses santons, à ses santonniers, ses poètes. Que devant la crèche de l'année prochaine, amis,
nous ne soyons pas moins ! A M E N ! Marie
MAURON. Sur
les traces de Georges BARBARIN Après avoir médité sur
l'oeuvre de Georges Barbarin, j'ai jeté sur
le
papier ces quelques réflexions : Notre
relation à autrui oscille entre deux limites : la
concurrence vitale et l'amour spirituel. Celui-ci est
moins un rapport entre deux natures subsistantes qu'entre deux consciences qui
ont à se faire l'une par l'autre. On
a toujours foi en une présence et la relation intersubjective est présence réciproque. C'est cette présence
réciproque qui donne à deux êtres humains le pouvoir d'acquérir l'un
par l'autre ce qu'ils n'ont pas encore.
Cette influence est bénéfique, pourvu qu'elle reste discrète et pudique, car
elle rompt le narcissisme et la solitude des âmes ; elle est une découverte de
son être propre au contact d'un autre être. C'est en communiquant
avec un ami intime qu'on devient tout à fait intime
avec soi-même, et cette communion n'est possible que
par la présence en chacun d'un principe supérieur, de
l'Etre qui est la valeur absolue et la source de toute valeur. La foi philosophique et spirituelle nous fait découvrir
la personne d'autrui ; le
désintéressement et la discrétion nous font communiquer avec lui ; l'amour enfin nous
dit qui il est. L'union
des consciences passe par Dieu qui est la communication
même. A mesure que nous nous spiritualisons
davantage, nous découvrons mieux que l'Etre qui est
notre source a nom "Dieu". On ne prouve guère Dieu car ce serait en
faire un objet ; on établit seulement que nous croyons en Lui, que nous avons
foi en Lui. La foi est participation à l'acte pur. L'acte de
foi est en effet l'acte pur et suprême. Par l'acte de
foi nous nous dépouillons de tout ce qui est sensible. Entre la foi et l'esprit, il y a une sorte de
consubstantialité. L'esprit est ce qui ne peut être jamais objet
de constatation ou de preuve. Dieu est esprit et la foi,
comme la grâce, est Dieu présent à la conscience.
Le mal consiste à nous détourner de Dieu pour nous replier
sur nous-mêmes à la manière de Narcisse : c'est une faute d'attention à Dieu.
Et la véritable
prière est attention à Dieu. Se convertir, c'est cesser de se divertir, c'est
passer d'une vie dont le Moi est
le centre à une autre dont Dieu est le centre. La marque de cette conversion
spirituelle
est qu'elle donne la joie qui est plus que le bonheur : "Dieu est présent, et la joie est sans bornes", dit
Bergson. La
vraie sagesse est par là devenue science de la
vie spirituelle.
La présence est en définitive une dialectique
de la réceptivité et de l'activité, de l'acte et de l'accueil, car, être présent, c'est savoir accueillir Dieu. A.F.
BAILLOT. L'Ordonnancement
des effets et des causes Notre Présidente me
dit que certains d'entre vous lui reprochent de ne pas se
contenter d'analyser et de commenter les livres de Georges BARBARIN. Comme si c'était trahir la pensée de notre Ami
que de rechercher justement,
au-delà de son oeuvre, tout ce lui peut servir à notre enseignement !
D'ailleurs, cette oeuvre, par sa clarté
et sa simplicité ne se prête pas à l'exégèse. Je peux vous dire, en me référant
aux nombreuses conversations qui m'ont rendu très familière
de sa pensée, que Georges eut été très heureux que nous fassions un
tremplin de sa philosophie pour essayer d'accéder à la Sagesse. Il lui aurait
peu importé que cette sagesse soit exactement la sienne. Ce qui lui eût paru
essentiel, est qu'elle soit pratiquement la nôtre. Ceci dit, et dans cet esprit, je dédie ces
quelques lignes
aux amis que vous êtes : Les hommes pensent généralement
qu'il existe une Fatalité du mal, mais il leur vient rarement à
l'idée qu'il puisse exister une fatalité du bien. Le Cosmos n'est pas livré aux hasards du chaos. En réalité,
il y a des règles, il y a la LOI, un merveilleux
ordonnancement des effets et des causes qui forme l’harmonie transcendante de
l’univers. Il y a l'intelligence
pure qui est inaccessible aux êtres de la Terre parce qu'ils sont réceptacles
infimes de l'Esprit. Et la vie leur est donnée avec cette possibilité d'être ou de ne pas être des réceptacles, des reflets de la lumière céleste. Ils sont LIBRES d'accepter
ou de refuser cette fonction. Des ressorts invisibles agissent en eux pour les déterminer
à cette acceptation. C'est pourquoi nous ne sommes jamais abandonnés et tant qu'il y a de la vie, l'évolution
fait confiance à cette vie. La
puissance infinie en sa justice
immanente, inaccessible à notre compréhension et à notre jugement, apprécie, estime, pèse nos plus infimes réflexes
et les enregistre. Sa justice transcendante est
infaillible et bonne. Elle ne punit pas (la hache ne tombe
pas sur le
fils d'Abraham). Ce
sont les êtres qui se punissent eux-mêmes par leur refus. Il est fatal que
celui qui maintient sa tête dans la boue manque d'oxygène et que son horizon
soit borné
d'angoisse. Si une main secourable
lui frappe sur l'épaule, si une voix lui
conseille de se redresser et de
regarder vers la lumière, il peut entendre, écouter
et suivre ce conseil, être ensuite reconnaissant et
avoir ainsi la première lueur d'intelligence
spirituelle
qui est celle de la gratitude. Il peut recevoir ainsi
la première joie, comprendre ce premier sourire du monde qui ouvre l'âme. Il peut aussi repousser
la main secourable, la mépriser, l'ignorer ou la mordre. Il est libre de
plonger plus bas encore dans la boue des ténèbres, de
s'aigrir davantage, de se révolter davantage contre l'injustice
qui laisse subsister les malheureux dans leur
néant. Mais l'intelligence suprême qui agit patiemment,
sélectionne pour l'évolution et jamais ne se trompe. Elle a donné à chaque
être vivant, par un baptême de l'âme,
cette parcelle infinitésimale d'Esprit
qui est le sel de la vie AVEC LA LIBERTE DE LA DETRUIRE OU DE LA FECONDER. C'est, bien entendu, une
conception schématique exprimée au niveau tri-dimensionnel de la terre ; mais c'est
la base même des conceptions exhaustives qui conduisent
vers les autres vérités. La faute, l'erreur, le péché contre
l'Esprit, ce sont les yeux fermés, le refus
de la lumière donnée, le choix de la boue. Pourtant,
à partir de l'instant où l'être désire la lumière,
tourne ses regards vers sa propre altitude, son intelligence spirituelle s'éveille et grandit. Elle
lui permet aussitôt de dominer son horizon intérieur et d'obtenir la preuve,
la démonstration expérimentale de la vérité que les aveugles jamais n'obtiendront
ni ne pourront imaginer. Ceux-là iront alors joyeusement d'une évidence à l'autre car la vérité est expansive et son
envergure a des progressions infinies au-delà de l'échelle terrestre. Mais
c'est au jour le jour que nous devons vivre
cette vérité. A quoi servirait la Sagesse si elle
n'était pas utilisable, transposable, dans la pratique même de la vie ? Ce
serait seulement une sagesse abstraite, théorique,
sans aucune valeur absolue, une sagesse morte. Or, ce qui compte
essentiellement, c'est la réalité, la présence et la démonstration effective
de la vérité. Tout est sagesse ou rien n'est sagesse. La Paix réelle
est en notre coeur et y reste ou elle est de
passage en nous, fortuitement et nous ne connaissons alors
qu'une
relativité de la quiétude. Tel est le message que nous a livré Georges
BARBARIN. Le bulletin des amis nous le rappelle en chacun de ses numéros,
sous des formes multiples et sert ainsi, en cela
même, la mémoire de notre cher disparu. Pour
resserrer les liens qui nous unissent autour d'une même appartenance
spirituelle, je suggère que des colloques naissent entre nous. Pour donner l'exemple, et au
titre d'une expérience. qui sera développée si elle
apparaît féconde, je prie ceux d'entre vous qui
attachent une certaine importance au fait de COMMUNIQUER, de m'écrire
personnellement, à l'adresse du Bulletin des Amis, sur le sujet qui
leur est
essentiel. Georges
ROUX. Nous avons reçu
la lettre suivante d'une amie de Paris : "Avec quelle joie nous
retrouvons notre bulletin ! C'est
un lien entre nous pour ceux qu'accable la solitude.
La période des vacances est cruelle pour ceux qui sont
seuls. La famille, les amis, les voisins sont partis,
on est seul cherchant en vain quelques occupations. Aussi ai-je lu et relu les lignes que vous
consacrez à ce
sujet dans le dernier bulletin. A la question que vous
posez "voulez-vous que nous établissions une nouvelle
rubrique : demandez des correspondants", je réponds
oui. Dès aujourd'hui j'exprime
le souhait de trouver un ou plusieurs correspondants ou correspondantes, de préférence
habitant Paris ou la région parisienne pour que nous puissions nous réunir parfois". Je
vous signale également que j'ai l'intention de me rendre moi-même à Paris au
début de l'an prochain et que je pourrais prendre
contact avec ceux qui le désireraient. Qui sait, nous
pourrions peut-être créer un petit groupe des Amis lors
de mon passage. Que ceux que cela intéresse m'écrivent
et me donnent leur adresse afin que je puisse me
mettre en rapport avec eux dès que je saurai la date de ce voyage, en me disant
l'heure la plus
favorable à cette rencontre. Nous pourrions, par
exemple, nous rencontrer le dimanche après-midi à la Maison des Spirites où nous écouterions une conférence et où
nous serions, j'en suis sûre, accueillis fraternellement, et vous trouveriez
peut-être là un centre d'intérêts qui comblerait
votre solitude, puisque la Maison des Spirites
se fait la propagandiste des idées de notre Ami. Chers amis, je ne terminerai pas ce petit mot sans vous souhaiter, non
plus en tant que Présidente mais en tant qu'Amie, une bonne et fructueuse année
sur le plan spirituel et sur tous les plans. Que la force qui vous habite se découvre
en vous chaque jour davantage afin que vous y trouviez à la fois l'harmonie et
la joie. La
Présidente.
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